Carnets de voyage (fin) : Las Vegas

Après avoir passé dix jours dans de magnifiques espaces naturels, je m’attendais à éprouver un choc en découvrant Las Vegas. Finalement ce « Disneyland pour adultes » ne nous a pas déplu. Je n’y passerais pas ma vie, mais c’était intéressant à voir et moins glauque que ce que j’avais imaginé.

Certes, les distributions de tracts pour obtenir des « girls en moins de trente minutes » (alors même que la prostitution est interdite à Las Vegas) sont très nombreuses mais l’ambiance reste bon enfant durant la journée.

Il nous a fallu pratiquement six heures de marche pour découvrir les principales attractions de la ville, tellement les hôtels sont immenses ! On croit que le suivant est tout proche, mais comme certains font un kilomètre de long…

Nous étions logés au New York New York, dont la façade figure les gratte-ciels de Manhattan. Plutôt réussi. A l’intérieur, des petites rues recréent une ambiance rues de Greenwich Village (là encore à la façon Disney, très aseptisée et un peu kitsch, mais plutôt agréable !). Nous avons adoré le Paris Las Vegas, aussi bien pour l’extérieur que l’intérieur, le Bellagio pour son spectacle de jets d’eau et sa serre. Les filles ont aimé voir l’Excalibur. Fille Aînée en particulier a adoré tous ces hôtels plus grandiloquents et clinquants les uns que les autres. Et elle a  conclu avec sagacité en voyant peu à peu les néons s’allumer : Maman, Las Vegas, c’est une ville de nuit. »

Le soir, nous nous sommes essayés aux machines à sous, mais peut-être faute d’avoir un enjeu suffisant, nous n’avons pas vraiment accroché. J’ai gagné 150 fois la mise, sauf que j’avais misé… 1 cent. Moi qui joue parfois à des jeux idiots sur mon téléphone, je m’attendais à trouver les machines à sous plus addictives. Je ne vais pas m’en plaindre, mais je suis un tout petit peu déçue !

Un printemps hollandais au Bellagio :

Et voilà, nous sommes rentrés à Londres sans encombres, dans la pluie et le froid.

Quand nous avions commencé à parler de faire un voyage cette année tous les quatre, je pensais plutôt à l’Asie (Vietnam et Laos, qui me trottent dans la tête depuis un bout de temps), par envie de dépaysement et je trouvais l’idée des parcs américains presque trop banale. Finalement je n’ai aucun regret, je suis heureuse d’avoir découvert San Francisco d’une part et des merveilles naturelles pareilles. Même en traversant en voiture l’Arizona et l’Utah, nous étions frappés par la beauté et la majesté des paysages, qui ne ressemblaient pour nous à rien de connu.

Et comme le voyage stimule l’appétit de voyage, nous avons déjà bien envie de retourner aux Etats-Unis dès que possible, pour passer plus de temps à San Francisco, voir les parcs que nous n’avons pas pu visiter (entre autres Monument Valley et Antelope Canyon) et peut-être retourner dans nos préférés…

Carnets de voyage : Zion, notre dernier parc

Pour changer un peu à Zion, où le temps était un peu changeant et les randonneurs un peu trop nombreux à notre goût (eh oui je voudrais les plus beaux endroits du monde pour moi toute seule, c’est humain, non ?), nous avons inscrit les filles au « Junior Ranger Program ». Le but : découvrir la nature qui les entourait de façon très concrète, par des jeux et des activités, un petit travail sur l’environnement (elles devaient ramasser des déchets laissés par d’autres promeneurs et je dois dire qu’elles n’en ont pas trouvé tant que ça). Enfin, elles  étaient « interrogées » par un ranger – je ne sais pas s’il a compris grand chose à leurs paroles embrouillées par la timidité – puis faisaient une sorte de promesse qui leur donnait la qualité de « Zion national Park Junior Ranger ». Pas peu fières les filles !

Cette idée nous a été soufflée par la famille australienne rencontrée à Bryce.

Zion est un très beau parc mais le moment n’était sans doute pas idéal pour nous. Un peu de fatigue, un peu de pluie, le contaste avce Bryce qui nous avait enchantés, j’ai comme le sentiment que nous ne l’avons pas apprécié à sa juste valeur. Malgré cela c’est celui que Fille Aînée a préféré.

Cette fois encore, nous avons pu dormir à l’intérieur du parc, au bord d’une rivière, et faire un barbecue entre les gouttes. Le premier jour, petit circuit des « Emerald pools » (sur lequel tout le parc s’était donné rendez-vous), le deuxième jour, randonnée un peu plus sérieuse, mais toujours très fréquentée, en direction de Angel’s landing. Nous nous sommes arrêtés sur le promontoire de Scout Lookout car la fin de la balade consiste en une crête large d’un mètre cinquante, équipée de chaînes, un peu dangereuse pour les enfants, surtout quand il s’agit de se croiser.

Une belle lumière par moment entre deux averses.

Carnets de voyage : Bryce Canyon

Peut-être mon coup de cœur du voyage, même s’il est difficile de comparer ces parcs plus beaux les uns que les autres. Toutes les conditions étaient réunies pour un moment parfait : le lieu lui-même, bien sûr, féerique, semblable à aucun autre, le beau temps, et le faible nombre de visiteurs. Du coup nous avons pu dormir à l’intérieur du parc, dans un vrai camping à l’américaine, sauvage, avec d’immenses emplacements pourvus de barbecues. Bryce étant assez bien préservé de toute pollution lumineuse, la nuit étoilée était d’une rare beauté.

Là encore il restait un peu de neige, et d’ailleurs il a neigé de nouveau après notre départ. Pourtant pendant la journée, il faisait bien chaud. Si j’ai bien compris, c’est ce phénomène de gel/dégel, qui se produit deux cents jours par an, qui est responsable de la formation de ces incroyables hoodoos ou cheminées de fées, la pression de l’eau gelée agrandissant de plus en plus les fissures de la roche et accélérant l’érosion.

Le premier jour nous avons fait une randonnée censée être « the best 3-mile walk in the world » (rien que ça), une combinaison de la Queen’s Garden Trail, au cours de laquelle on rencontre la Reine Victoria, et de la Navajo Trail.

Le soir, nous avons fait la connaissance d’une famille australienne très sympa, qui a pris une année sabbatique pour visiter les Etats-Unis. Ils parcourent le pays en prenant leur temps, au gré des rencontres, parfois surprenantes, comme ces Texans qui tiennent absolument a leur montrer leurs collections d’armes à feu. Leurs filles, de l’age des nôtres, et a qui ils font l’école eux-mêmes, semblent très épanouies.  Apres une soirée autour du feu, nous avons decide de faire une randonnée ensemble le lendemain après avoir admiré le lever de soleil sur Bryce Point.

Anna, avec son appareil de 5 kilos + 10 kilos de materiel (portés par Amir), fait des photos  magnifiques que l’on peut découvrir sur leur blog.

Pour ceux que je n’ai pas encore complètement soûlés avec mon voyage, je vous mettrai un lien à mon retour vers notre album photos. EDIT : envoyez-moi un message privé si vous voulez le lien.

Plus que deux étapes : Zion et Las Vegas (changement d’ambiance radical) !

Carnets de voyage : Grand Canyon

Coucou les amis, me revoilà. Comme les parcs nationaux ne sont pas aussi bien pourvus en wifi que les Starbucks, j’ai pris un peu de retard dans mon récit.

Avant d’arriver au Grand Canyon, nous traversons le désert de Mojave, une réserve indienne, qui  donne l’impression de se trouver dans un décor de cinéma.

Il n’y a pas encore trop de monde, mais il est impossible de camper à l’intérieur du parc ; tout est réservé depuis longtemps pour le week-end de Pâques qui coïncide aussi avec les vacances scolaires et le Spring Break des étudiants. Le ciel est bleu, le vent est bien frais. Des plaques de neige s’accrochent encore aux pentes. Nous avons décidé de faire la South Kaibab Trail sur le South Rim, une randonnée qui descend d’environ 600 m dans le canyon, jusqu’a Skeleton Point.

Et là, les amis, j’ai un scoop pour vous : le Grand Canyon, c’est grand. C’est même très grand. Impossible de ne pas être impressionné par la majesté de ce spectacle. La nature s’offre au regard dans son immensité, les innombrables strates de rocher, dont je vous épargnerai les noms, qui se sont formées sur deux milliards d’années (le canyon lui-même étant un petit jeune de 6 millions d’années seulement) ne peuvent manquer de rappeler, même si on ne se sent pas d’humeur particulièrement méditative, à quel point notre existence est infime à l’échelle de la terre.

Au fur et à mesure que l’on descend dans le canyon, on croise moins de gens en tongs et plus qui portent d’énormes sacs a dos, pour aller bivouaquer tout en bas, au niveau du Colorado, avant de remonter le lendemain matin. Certains se promènent aussi à dos de mules, ce qui ne doit pas être désagréable si on a quelqu’un d’expérimenté pour les faire avancer.

Le dimanche de Pâques, un office religieux était célébré à Mather Point, au lever du soleil, avec vue sur le Canyon. Les Américains ont le sens du show !

Les cloches de Pâques sont passées distribuer leurs chocolats sur le bord du canyon, à la grande joie de nos filles.

Puis nous avons fait une promenade plus tranquille (un peu ramollis je dois dire de nous être levés avant le soleil) sur le Rim Trail, c’est-a-dire au bord du canyon, agréablement surpris de croiser beaucoup moins de gens que la veille sur une balade pourtant nettement plus facile. Encore des points de vue magnifiques.

Carnets de voyage : Death Valley

Après avoir quitté San Francisco à regret, nous avons pris possession du camping-car (ou plutôt du monstre sur roues) qui va nous servir de maison les dix prochains jours.

La traversée de la Californie est très intéressante. Des villes, qui ne sont parfois que des centres commerciaux entourés de lotissements, surgissent, vertes et proprettes, du désert, environnées  de terrains vagues jonchés de sacs plastiques.

Un arrêt dans une station-service  m’offre un défilé de personnages hauts en couleurs. On aurait presque envie d’y poser une caméra pour tourner un documentaire.

La cordialité proverbiale des Américains me permet d’engager la conversation avec une enseignante d’Alaska qui m’explique qu’elle ne parle jamais à ses élèves de « mauvaise réponse » mais propose simplement « autre chose ».  Le gérant a la langue bien pendue et trente secondes me suffisent pour apprendre qu’il a 43 ans, qu’il a commencé à fumer à 16, attiré par les promesses de virilité des pubs Marlboro représentant des cowboys, mais qu’il envisage d’arrêter depuis la naissance de sa fille (5 mois) qui a changé sa vie, ajoute-t-il avec un grand sourire.

A mesure que nous descendons vers le sud, la végétation devient de plus en plus rare.

A l’arrivée dans Death Valley, une petite randonnée dans Mosaic canyon nous donne un premier apercu des paysages de l’Ouest américain.

Puis nous passons une tres agréable fin d’apres-midi dans les dunes de Mesquite.

Le lendemain, mémorable randonnée à partir de Golden Canyon pour rejoindre le sublime point de vue de Zabriskie Point. On comprend assez vite pourquoi il est déconseillé de s’aventurer ici en plein été. On pourrait facilement se perdre dans le dédale de chemins qui serpentent entre ces petites montagnes aux belles couleurs dorées.

Enfin, une dernière pause à Badwater, le point le plus bas d’Amérique du Nord, 88 mètres en-dessous du niveau de la mer, où l’évaporation de l’eau salée a laissé une croûte de sel blanche qui recouvre la terre sur des kilomètres.

Carnets de voyage : San Francisco (3)

Quoi de plus dépaysant qu’une balade à Chinatown ?
Lanternes suspendues dans les rues, bazars remplis d’objets hétéroclites, épiceries fines vendant mille choses que nous sommes incapables de reconnaître (à part le thé et les ailerons de requin).

Le quartier chinois de San Francisco est la plus grande ville chinoise hors d’Asie. Les Chinois sont présents depuis les débuts de la ville et leur empreinte est bien présente sur l’architecture, beaucoup plus que dans le quartier chinois de Londres.

Autre quartier coloré, Mission et ses célèbres fresques murales politiques et féministes. Malheureusement nous n’en avons pas vu beaucoup.

Carnets de voyage : San Francisco (2)

Au programme aujourd’hui : traversée du Golden Gate Bridge et Japanese tea Garden :

Comme le pont fait près de 3 km de long, nous l’avons d’abord traversé en bus pour ne faire que le retour à pied. Dès la fin du pont, on se trouve dans des collines sauvages, les Marine Headlands, dont la végétation parfumée rappelle la Méditerranée.
Ensuite c’est l’odeur de la mer et le vent du large qui prennent le dessus. On ne peut qu’être impressionné en marchant sur ce monstre de fer, qui vibre et chante sous le poids de la circulation. Piétons et vélos se partagent, avec plus ou moins de succès, un grand trottoir. La vue magnifique sur la baie avec Alcatraz et la ville de San Francisco en toile de fond rendent la traversée encore plus magique.
De nombreuses compagnies de bateaux proposent aussi des croisières qui passent sous le pont, ce que nous avons fait le lendemain pour nous consoler d’avoir raté la visite d’Alcatraz. (Note pour la prochaine fois, réserver au moins une semaine à l’avance, ce que je n’avais pas eu envie de faire, pour garder plus de latitude)

Un surfeur à Fort Point :

L’île d’Alcatraz, transformée en musée depuis une trentaine d’années. Aujourd’hui, anciens détenus et gardiens s’y rendent ensemble une fois par an, en souvenir du (bon ?) vieux temps.

Retour sur la terre ferme ou presque, au Pier 39 où se prélassent les otaries.

Ce qui restera sans doute pour moi un temps fort de ce voyage : la découverte du Japanese tea garden du Golden Gate Park, une pure merveille de beauté et de sérénité.