C’est la rentrée ! Et de deux !

Voilà, aujourd’hui c’est ma grande qui a pris le chemin de l’école, après un mois passé à bouquiner, sillonner Ealing en trottinette et faire des croquis dans les musées de Londres. Elle me manque déjà !

Bilan plutôt positif après la première journée : une copine française qui se prénomme parait-il Bibliothécaire (j’ai un léger doute…) et une anglaise encore anonyme.

To be continued…

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Amaaaazing !

Vous connaissez Absolutely Fabulous ? Eh bien ce n’est pas pour rien que cette série s’appelle ainsi. Les Anglais ne sont jamais à court de superlatifs. Quand quelqu’un te donne rendez-vous, tu ne lui dis pas : » OK, d’accord », tu lui réponds « Fantastic, I’ll be there ! ». Quand le bonnet de quelqu’un te plait, tu ne lui dis pas qu’il est »nice », non, il est « gorgeous ». Dans les descriptifs de balades, on te parle d’une « ridiculously amazing view », ce qui, mes chers amis ne signifie pas « vue ridicule » mais vue « carrément hallucinante ».

C’est ainsi que j’ai entendu la très sérieuse « inventory clerk », personne chargée par un organisme indépendant de l’état des lieux, se pâmer dans son dictaphone à propos de la machine à laver. ça donnait à peu près : « In the kitchen, blablabla, les ampoules de la hotte semblent cassées, blablabla, frigo en bon état, oh, and the washing-machine is fabulous ! It’s really amazing, gorgeous, really in such perfect condition, etc.. »

Si vous vous demandez pourquoi elle est aussi amazing :

Eh oui, nous avons une machine à laver à fleurs ! C’est pas cool, ça ?

Certes dans mon bête matérialisme j’aurais préféré une lavante-séchante, surtout dans ce pays, mais on ne peut pas tout avoir.

A la demande générale, une photo de la maison :

Pour l’intérieur, il faudra patienter encore un peu…

Jour J

On y est ! Fille Cadette n’a même pas vomi dans l’avion et British Airways nous a même retrouvé la valise qu’un méchant monsieur nous avait piquée… Antoine n’a même pas (trop) hurlé quand j’ai conduit vaillamment à gauche (un peu trop à gauche, en fait) notre voiture de location entre l’aéroport et l’hôtel. Finalement, la plus grosse catastrophe du jour, c’est que j’ai laissé mon appareil photos dans les cartons, donc je vais devoir m’en passer quinze jours… Les filles ont l’air absolument ravies d’être arrivées, au calme, dans notre petit appart’hôtel, elles se déguisent, chantent des chansons, bref, l’angoisse pré-déménagement a l’air déjà pas mal retombée. Quant à moi, je ne sais pas si c’est le contrecoup du stress mais je n’ai qu’une envie : aller me coucher ! Demain, un peu de tourisme, et peut-être le feu d’artifice …

Notre to-do list avant le déménagement

– TROUVER UN APPARTEMENT A LONDRES ( ça, ce n’est pas le plus facile, mais c’est le plus essentiel et le plus urgent, d’où découle tout le reste)

– TROUVER UNE ECOLE A LONDRES (ça, c’est le plus important mais qui ne dépend que faiblement de nous. Même en étant tout près d’une bonne école, arrivant en cours d’année, rien ne dit que nous aurons des places…)

– donner le préavis de l’appart avec justificatif pour réduire le préavis à un mois. ça, ça va, à part la lettre recommandée parce que je déteste aller à la Poste mais bon…

– repeindre les endroits de l’appart où vraiment on ne peut pas plaider que de grands dessins au feutre sur les murs soient de  « l’usure normale ».

– organiser le déménagement, contacter déménageurs pour devis, planifier les dates pour éviter de se retrouver tout nus sous un pont pendant que nos affaires chemineront plus ou moins lentement vers le Nord…

– vendre les deux voitures et résilier les assurances, ainsi que celle de l’appart.

– résilier abonnements téléphones portables  (ce qui ne va pas être simple puisque nous venions de nous réengager sur 24 mois), encore lettres recommandées, beurk…

– vendre les meubles trop encombrants (tout l’électroménager s’il est déjà sur place), trouver quelqu’un qui ait envie de récupérer notre citronnier et notre palmier, snif, snif, et notre salon de jardin en bois qui risquent tous de ne pas apprécier le climat londonien…

– fermer les comptes bancaires – sauf un – et en ouvrir un à Londres, ça ça devrait aller.

– prendre RDV avec les impôts, pas le plus fun…

– régler la situation avec l’AGESSA (équivalent URSSAF pour les auteurs), réussir à démêler l’écheveau des infos contradictoires qu’on me donne…

– organiser des fêtes d’adieu pour les filles avec leurs amis. Et pour nous aussi.

– résilier l’accès internet et renvoyer la freebox. Lettre recommandée, again.

– organiser le suivi du courrier. Bouh, encore la Poste, à moins qu’on puisse le faire par Internet ?

Eh bien quand je vois que rien que pour résilier l’abonnement à « Abricot » de Fille Cadette, il a fallu six coups de téléphone et un coup de stress, moi je vous le dis, les amis, ça va pas être de la tarte !

London, repeat after me

Comme tous les expats qui partent avec leurs enfants sous le bras, nous essayons de ne pas traumatiser excessivement notre progéniture car ça nous gâcherait un peu le fun de l’aventure. Nous sommes quand même responsables de leur déracinement, même sans partir au bout du monde.

Le gros morceau en number one position de mes insomnies en ce moment, c’est  le choix (ou plutôt la loterie) de l’école.
Pour nos filles, ce sera l’école publique anglaise

1) parce que le temps où la gentille boîte payait l’école française pour les enfants est hélas révolu, crise oblige !

2) parce que l’un des buts de la manip est tout de même de permettre à nos filles d’être bilingues… et ensuite au retour d’intégrer un collège/lycée international (oui je sais je suis une dingue de la planification à l’avance !)

3) même si on décidait d’y mettre les moyens, il y a des listes d’attente de malade dans les écoles françaises et je ne suis pas sûre d’avoir l’énergie pour supporter encore toute cette incertitude, et risquer de me retrouver au final avec les deux dans deux écoles différentes, aargh, le cauchemar !

J’en suis pour le moment à la collecte d’information, je jongle entre les sites immobiliers, Google maps, le plan du tube, et le site de l’Ofsted pour essayer de trouver la maison parfaite. Et parfaitement située ! A suivre…

Aller dans une école anglaise, Fille Cadette ne voit pas le problème, d’ailleurs vu le don qu’elle semble avoir pour les langues elle devrait s’intégrer très vite, mais Fille aînée commence à stresser.
Elle me dit des trucs qui me brisent le cœur, du genre : « moi je suis triste parce que j’adore lire et en Angleterre je ne saurai plus lire. » Alors quand je la rassure en lui expliquant que d’une, elle pourra continuer à lire des livres en français et que de deux, elle saura aussi lire en anglais au bout de quelques temps, son petit visage s’illumine et la boule dans ma gorge se dissipe. Un peu.

Donc pour se mettre dans le bain, nous allons toutes les trois à un cours de musique chez une amie anglaise, animée par une musicienne et chanteuse anglaise, avec des enfants de différentes nationalités. Les filles adorent et moi j’écoute les conseils de mes copines sur les différents quartiers de l’ouest de Londres où nous aimerions habiter.

Nous avons commencé depuis une semaine à lire une histoire en anglais chaque soir. Au début, je n’osais pas, préférant qu’elles entendent parler des « native » mais mes (gentilles) copines anglophones m’ont assuré que mon accent était correct. J’admets qu’il est plus américain que british mais j’y travaille (et quel bon prétexte pour me re-re-regarder toutes les adaptations de Jane Austen et autres Keira Kniaiseries).

Et pour faire bonne mesure, nous avons commencé une petite méthode d’anglais pour enfants, Alice and Jeremy, sorte d’Assimil pour 7-10 ans, qui leur plait bien. Elles répètent consciencieusement « plane » et « train », telles de petites Eliza Doolittle.