Je cours pour Oxfam

J’ai déjà évoqué mon rapport un peu compliqué avec le sport. Parfois, on se met dans l’idée que l’on n’est pas sportif, sous prétexte que l’on n’est pas habile pour les jeux de ballon. Or il y a plein d’autres sports à explorer. J’ai toujours beaucoup aimé marcher et j’ai plutôt une bonne endurance. Depuis quelques semaines, avec l’aide d’une copine-coach qui est un peu une fitness goddess, surtout comparée à moi, je me suis mise à courir. Passés les premiers jours où j’avais l’impression que j’allais mourir à chaque foulée, j’ai commencé à apprécier ce moment, prendre plaisir à la progression. J’aime bien les matins d’hiver un peu brumeux au parc, ou les bords du canal avec leurs péniches quand il fait beau. Ce qui était au départ une corvée est devenu un moment agréable, qui me donne de l’énergie pour le reste de ma journée, qui me redonne confiance en moi et me donne l’envie de faire plein d’autres choses. Pour me motiver, ma copine Alex nous a inscrites à une course de 10km le 25 mai, le Bupa London 10000

Les avantages : c’est en plein centre de Londres, je vais pouvoir me prendre pour une marathonienne en passant devant le London Eye, Big Ben etc…

C’est dans quatre mois donc j’ai le temps de m’entraîner. Je suis un entraînement progressif qui me convient très bien. Et avec un peu de chance il fera beau le 25 mai !

Je cours pour Oxfam, ce qui veut dire que je me suis engagée à récolter au moins 200 £ pour cette association (vous me voyez venir ???), et beaucoup de gens seront dans le même cas que moi : courir pour une association caritative, pour s’amuser, pour relever un défi personnel, pas pour la performance sportive. Même si je mets plus d’une heure et demie pour faire mes 10km, je serai contente d’avoir accompli ce qui pour moi n’avait rien d’évident au départ.

Alors, Oxfam, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est quoi ?

C’est une ONG qui a été créée pendant la Seconde Guerre mondiale. Le nom signifie Oxford commitee for Famine relief car cette initiative est partie d’Oxford. Aujourd’hui l’organisation est internationale et mène de nombreux projets de lutte « contre la pauvreté et les injustices ». Elle est très connue en Angleterre où elle gère de nombreux « charity shops ». Pour en savoir plus, c’est par ici  en français et par en anglais.

Et le moment que vous attendiez tous: je vous invite à me sponsoriser pour cette course en donnant à Oxfam ! Je dois atteindre au minimum 200 £ mais j’aimerais même réussir à dépasser cet objectif.

C’est très facile. Rendez-vous sur ma page Justgiving et donnez votre participation (même un tout petit montant sera très apprécié et très utile). L’argent sera directement versé à Oxfam. Just Giving prélève des frais sur les dons mais ils sont modiques et c’est l’association Oxfam elle-même qui conseille cette plateforme de dons en ligne. Je crois que vous pouvez choisir de donner en euros ou en livres. Bien sûr, contactez-moi si vous voulez plus d’infos ou si vous avez un problème technique.

Donnez juste un peu, pour Oxfam, pour me soutenir et me motiver (même si vous pensez que j’aurais pu choisir un projet plus adapté à mes capacités !). Et comme je ne recule devant rien pour parvenir à mes fins, je dégaine mon arme secrète : après tout, aujourd’hui, c’est mon anniversaire !!!

Un grand merci d’avance pour votre soutien !

JustGiving - Sponsor me now!

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Tout va bien

autumnal mood

Tout va bien, sauf que :

Je me suis un peu enflammée suite à la publication de ce billet qui a parlé à beaucoup de gens (c’est mon nouveau record de pages vues en une journée) et j’ai voulu faire ma maligne en me mettant sérieusement au sport. Je me suis trouvée une copine très sympa pour courir, elle a juste oublié de me préciser qu’elle avait été championne de natation et d’aérobic et qu’elle était complètement obsédée par le sport (il faut dire que notre première rencontre autour d’une bouteille de vin m’avait donné une fausse impression). Bref, je ne sais pas si c’est d’avoir couru plusieurs jours de suite ou bien un faux mouvement au Pilates mais je me suis fait atrocement mal au cou et au haut de la colonne vertébrale. Résultat je peux à peine bouger et la position assise devant l’ordi n’est pas géniale. Ou alors c’est mon inconscient qui ne veut VRAIMENT pas que je me remette au sport…

L’école ferme aujourd’hui à 13h30 pour les entretiens parents/profs. Et oui c’est ça aussi l’école anglaise, ils font toutes leurs réunions, spectacles et autres en plein milieu de la journée comme si tout le monde travaillait à domicile. Vous me direz que justement je travaille à domicile, certes mais j’ai une deadline pour jeudi prochain et il faut donc que je case au minimum 60 heures de boulot d’ici-là. Challenge accepted !

Pour corser un peu la chose, sinon ce ne serait pas drôle, Antoine est en déplacement et donc il m’a refilé la corvée du contrôle technique de la voiture, que je dois donc apporter demain en pleine journée dans un quartier très éloigné de la maison, youpi !

Ah et j’oubliais, on a une souris dans la maison et de l’eau qui coule du plafond de la cuisine (oui chéri, si tu me lis, ça a recommencé !)

Alors disons que lorsque l’école m’envoie des sms pour me rappeler de faire des « spooky cakes or cookies » pour la vente de gâteaux à l’école demain, la motivation est très très moyenne, voire inexistante, voire négative si c’est possible.

Quand je pense que certaines partent demain à l’Ile Maurice…

La souffrance de la « nulle en sport »

escalade

Un jour où j’accompagnais la classe de grande section de ma fille à la baby-gym, j’ai sursauté en entendant la maîtresse lui dire : « Oh, toi la gym, c’est pas ton truc ! »

Ou comment mettre une étiquette à une enfant de 5 ans qui risque de la suivre toute sa vie…

J’ai pu en parler à la maîtresse avec qui je m’entendais très bien, mais ce petit incident est très révélateur des cases dans lesquels on a parfois tendance à mettre les enfants. Cela peut être catastrophique. « Toi tu seras bon en maths, et tant pis si tu as une orthographe pourrie », « toi tu es la première de la classe, tu ne voudrais pas en plus être bonne en sport »…

Dans le cas de ma fille, je n’ai jamais insisté sur les petites difficultés de coordination qu’elle pouvait avoir et elle est par ailleurs très sportive, elle fait de l’escalade, du tennis, des claquettes et de la danse, elle court toute la journée.

Pour moi, même si j’aimais l’école en général, en revanche les cours de sport étaient une vraie torture. En primaire, j’ai voulu faire de la danse classique. Le prof était un vieux sadique qui terrorisait tellement les élèves que certains se faisaient pipi dessus.  Il appelait ses chouchous par leurs prénoms et les autres par leur nom de famille. Ça donnait : « Oh, Cécile, le vilain petit pied qui se trompe! » et « Rivet, tu te trompes de pied ! » Ambiance…

Au collège, quand on faisait les équipes de sports co, j’étais toujours choisie la dernière. La gym c’était pire. Faire le poirier devant tout le monde, inimaginable. Le cerveau qui ne répond plus, la vision qui se brouille, le rouge qui monte aux joues, l’impossibilité de se concentrer, le sentiment d’humiliation qui te submerge. J’avais la boule au ventre dès la veille, je suppliais ma mère de me faire un mot d’excuse, parfois je séchais. Je crois que si mon prof de sport m’a mis la moyenne au bac, c’est parce que c’était un ami de ma mère…

En hypokhâgne, je me suis soudain retrouvée avec plein de bras cassés dans mon genre, trop heureux d’être délivrés à jamais des cours de sport. On était en guerre avec les  sport-étude rugby, qu’on traitait de gros bœufs,  (eux nous lançaient de la bouffe sur la tête au réfectoire, ah les joies de l’internat !), bref, je croyais naïvement qu’on pouvait être un « pur esprit » et mépriser un peu son corps.

C’est seulement bien plus tard que je me suis rendue compte qu’on peut avoir du mal à attraper un ballon ou à faire la roue et prendre plaisir à nager, faire du yoga, de la randonnée ou d’autres sports d’endurance. Maintenant je commence la semaine par un cours de Pilates qui fait des merveilles pour mon dos et ma posture, et je m’adonne aux joies de l’aviron sur la Tamise le mercredi.

Mais le traumatisme (je n’exagère pas en employant ce mot) lié au sport pour moi est encore présent (ne comptez pas sur moi pour jouer au beach volley sur une plage) et il suffit d’un exercice trop dur au Pilates, d’un mot d’impatience de mon coach d’aviron pour que j’aie envie de m’enfuir en courant et de ne plus jamais revenir. Cela me replonge dans des souvenirs atroces, je perds tous mes moyens, je me mets à faire n’importe quoi, ce qui évidemment n’arrange rien.

Ne dites jamais à un enfant qu’il est nul, en sport ni bien sûr en quoi que ce soit d’autre, ça laisse des traces à vie ! La confiance en soi est quelque chose de tellement fragile.