Banqueting House à Londres

Commandée à l’architecte Inigo Jones par le roi Charles Ier pour y donner des « masques » (divertissement de cour consistant en un spectacle et un bal), cette « maison » faisait autrefois partie du palais de Whitehall, détruit par deux incendies à la fin du dix-septième siècle. Quelques années plus tard, en 1649, c’est aussi là que fut exécuté le même Charles Ier, pour trahison, à l’issue de sept ans de guerre civile.

Au Moyen-Age, c’était aussi dans ce lieu que le Roi d’Angleterre (à qui on attribuait ce pouvoir comme au Roi de France à l’époque) guérissait les écrouelles des pauvres.

Plus tard, le lieu a servi de chapelle royale, ainsi que pour des cérémonies de « Royal Maundy », le lavement des pieds des pauvres par le souverain lors du Jeudi Saint, remplacée au dix-neuvième siècle par une distribution d’argent. Les « heureux » pauvres sélectionnés recevaient le nombre de pièces correspondant à l’âge du monarque (!)

L’intérêt de l’endroit ( nous y sommes allés un peu par hasard, parce que nous avions la carte des Historic Royal Palaces) est l’immense plafond à caissons, à une vingtaine de mètres de haut, peint par Rubens et installé en 1636. Spectaculaire.

On y donne encore des réceptions aujourd’hui.

Whitehall, face à la Horse Guards Parade
Ouvert du lundi au samedi, de 10h à 17h
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Les écuries royales de Buckingham Palace

Pourquoi les écuries royales s’appellent-elles « Royal Mews » et non « Royal Stables » ? Cette question vous empêchait de dormir ? J’ai la réponse :  ces bâtiments servaient autrefois à abriter les faucons lors de leur « mue », moment où ils perdaient leurs plumes. Encore un mot anglais qui vient du français. Aujourd’hui, de nombreuses « mews » ont été converties en appartements, très convoités.

Celles de Buckingham Palace, si elles se visitent, sont encore en activité. Elles abritent des chevaux, une école d’équitation et la collection de carrosses utilisés par la famille royale dans les grandes occasions : du carrosse en or extrêmement inconfortable et si lourd qu’il faut deux jours pour le sortir de la pièce où il est rangé, au dernier carrosse fabriqué en Australie en 2000 avec vitres automatiques, chauffage, éclairage et suspensions en acier.

Certains membres du personnel (triés sur le volet, certains travaillent dans les écuries depuis 4 générations) ont le privilège d’habiter sur place.

La riche décoration des carrosses est pleine de symboles : kangourou et émeu sur le blason du carrosse offert par l’Australie, chardon d’Ecosse, trèfle d’Irlande etc… Nous avons également vu la Rolls Royce Phantom dans laquelle Kate est arrivée à Westminster lors de son mariage avec William.

 


Pour diriger ce Golden State Coach qui pèse plus de quatre tonnes, les cochers doivent monter « en postillon » directement sur les chevaux. Comme il ne passe pas par la porte de la pièce où il est exposé, il faut démonter le mur ! Il est principalement utilisé pour les couronnements. La dernière occasion à laquelle il a servi est le jubilé d’argent d’Elisabeth II.

Dans la partie musée, on peut voir des fers et des mors offerts par Barack et Michelle Obama lors d’une visite officielle, les livrées des cochers etc… mais ce que j’ai le plus aimé c’est le côté vivant du lieu, l’odeur de cuir, des chevaux et du crottin !

Une petite salle réservée aux enfants permet de faire des coloriages et petits bricolages. Cadette (6 ans) a beaucoup aimé. Les deux filles d’ailleurs (6 et 8), suspendues à leur audio-guide (en français) ont trouvé la visite intéressante. Nous avons payé une vingtaine de £ pour la famille sachant que le billet est valable un an s’il nous prend l’envie d’y refaire un petit tour.

 

Le V&A en famille

Le Victoria & Albert Museum de Londres est le plus grand musée de design et arts décoratifs au monde. C’est un lieu magique, aux collections d’une richesse incroyable dans un cadre sublime. Et en plus l’entrée est gratuite ! J’avais déjà eu un coup de foudre pour cet endroit mais je n’en avais découvert qu’une toute petite partie.

Dimanche, nous avons profité de l’une des activités proposées (toujours gratuitement) aux familles, le « backpack », qui consiste en une exploration d’une ou plusieurs salles du musée grâce à des activités (contenues dans le backpack donc, le sac à dos) et articulé autour d’un thème. Nos filles se sont mises d’accord sur « The emperor’s party », centré sur l’empire moghol au XVIème et XVIIème siècle.

Fresque à compléter et colorier, motif de moucharabieh à inventer, questions sur les mets de l’époque, extrait du Ramayana à écouter et dhoti à draper autour de soi, les activités sont variées et ludiques. Mes filles ont 5 et 7 ans et elles étaient bien dans la cible. Je pense qu’à partir de 4 ans, cela peut être intéressant pour un enfant un peu curieux.

A peine terminé le premier backpack, et alors que nous étions certains qu’elles allaient réclamer l’atelier girly « Sparkle splendour » (encore un atelier gratuit, style loisirs créatifs avec moult paillettes), les filles ont voulu enchaîner sur un autre, « Chinese hidden treasures ». Nous avons dû insister pour une pause au café du musée, que nous ne connaissions pas, et qui vaut vraiment le détour. C’est une cafeteria avec différentes possibilités de restauration (sandwiches, plats chauds style pubs, soupes, salades et quiches, thé, scones et gâteaux) et les prix sont comparables à ceux d’un pub ou un salon de thé, pas vraiment bon marché, mais le cadre est splendide. Un pianiste est même venu parfaire l’ambiance.

Quant à la boutique, c’est une véritable mine d’idées de cadeaux beaux et originaux.

J’y retournerai au printemps pour profiter de la magnifique cour intérieure avec sa fontaine, bien connue de ceux qui travaillent dans le quartier, parfaite pour une pause déjeuner au calme.

Balade de Borough Market à Angel

Le week-end dernier, profitant du fameux été indien qui a enchanté les Londoniens, nous avons suivi les traces et les conseils du blog Londres Calling pour une balade  de la Tate à Angel.

Départ de Borough Market, marché aux saveurs aussi nombreuses qu’appétissantes, parfait pour se préparer un petit pique-nique à déguster au bord de la Tamise, devant la Tate.

Pour les gourmands comme nous qui avons du mal à résister à cette débauche d’odeurs plus alléchantes les unes que les autres, ou les enfants qui n’ont pas l’intention d’attendre une minute de plus, on peut aussi déjeuner sur place. Paëllas, quiches, falafels en tout genre vous tendent les bras.

Après une petite pause sur la pelouse de la Tate plantée de bouleaux qui suffisent à mes filles pour s’imaginer une immense forêt, on emprunte le Millenium Bridge direction St Paul, une vue que j’aime beaucoup.

Anecdote architecturale (Ted, si tu me lis,  architectural fun fact), ce pont, surnommé Wobbly Bridge car il avait la tremblote, a dû être fermé trois jours après son inauguration. L’architecte avait alors déclaré que ce n’était pas son oeuvre qui avait un défaut de conception, c’était les gens qui ne marchaient pas correctement dessus ! Bref, on a pu y remédier grâce à des amortisseurs hydrauliques.

Derrière Saint Paul, une place reconstruite après les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale, que je trouve très réussie, avec un petit parfum d’Italie :

La colonne centrale de la place, avec sa fontaine est encore un lieu idéal de pause-déjeuner pour ceux qui travaillent dans le coin. Juste un peu plus loin, l’église de Christchurch, qui n’a pas été reconstruite après le Blitz, a été transformée en jardin public.

Postman Park, un charmant jardin au coeur de la City, oasis de fraîcheur en ce jour de canicule.

Qui saura me dire quel film a été tourné ici ?

Un indice : ces plaques ont été apposées en mémoire de héros ordinaires, morts en accomplissant un acte héroïque.

La suite du programme, c’est une visite du Museum of London, qui retrace l’histoire de la ville de la Préhistoire à nos jours. Passionnant (pour ceux qui ne sont pas atteints de muséïte aiguë comme moi au bout de vingt-deux minutes, mais psst, dans ce cas-là, le petit café permet de patienter agréablement en attendant les muséophiles du groupe). Je précise pour sauver l’honneur que j’ai tout de même pris le temps de regarder et d’apprécier l’époque romaine, puis la section sur le Grand Incendie de Londres en 1666 et la reconstitution de la période victorienne.

On traverse ensuite Smithfield Market, Clerkenwell et Islington pour arriver à Angel, un quartier très sympa où j en’avais jamais mis les pieds.

La journée s’est finie en beauté et en terrasse chez Jamie’s Italian (la branche brasserie de Jamie Oliver), où nous avons été épatés par la qualité du service. Efficace, sympa et souriant sans être obséquieux, super children-friendly, une expérience très agréable !

Nous avons profité de la douceur de l’air pour dîner en terrasse mais l’intérieur est très sympa aussi avec les grandes tables en bois façon Pain Quotidien, les casiers de pâtes multicolores et multiformes, les jambons suspendus…

Et enfin, car il y avait un but à cette balade, nous avons découvert la salle de Sadler’s Wells pour un spectacle de danse contemporaine, de la compagnie québecoise La La La Human Steps. Un beau spectacle, éblouissant de virtuosité technique mais qui manquait d’émotion pour nous qui ne connaissons rien à la danse.

Inutile de préciser que certaine Fille Cadette a bien dormi dans le bus du retour… et d’ailleurs aussi pendant la moitié du spectacle.

Encore une journée bien remplie !

Le PDF de la balade est ici.

 

Pour vous messieurs

Le jour de la fête des Pères et à la demande de l’intéressé, nous avons visité le HMS Belfast, un navire de guerre qui a servi pendant la Seconde Guerre Mondiale et qui est aujourd’hui transformé en musée.

Situé entre le London Bridge et Tower Bridge, non loin de St Katharine’s Docks et de la Tour de Londres, il offre un superbe point de vue également sur la City.

La cloche du navire, en argent massif

A l’intérieur, comme dans de nombreux musées anglais, sont reconstituées des scènes de la vie des marins à différentes époques : les cuisines, les dortoirs avec les hamacs des matelots, la cabine du capitaine et de l’amiral, l’infirmerie et même le cabinet du dentiste avec odeur de clou de girofle et bruit de la roulette !

Nous avons également croisé un matelot mis aux arrêts dans une petite cellule sans fenêtre :

Les filles ont été ravies de dire bonjour aux marins français venus pour les célébrations de l’appel du 18 juin

Avant la visite (attention, fatigante : neuf ponts en tout, on passe son temps à monter et descendre des échelles très raides), je vous conseille de vous restaurer dans l’un des pubs qui bordent la Tamise.

The Founders Arms, avec vue superbe sur St Paul et la City, propose une cuisine très honnête.

The Anchor, surtout pour le cadre, je me suis laissé dire que la nourriture n’y est pas terrible…

Au passage, tout près de Borough Market, vous pourrez aussi admirer le Golden Hind, reconstitution du galion de Francis Drake, que l’on peut aussi louer pour des évènements privés ou des anniversaires et qui organise des « sleepovers » pour les familles.

J’en connais un que ça amuserait encore plus que les enfants !

Courtauld Gallery

Comme vous le savez si vous êtes attentifs (sinon, révisez vos classiques), je suis parfois atteinte de muséïte aiguë, affection hélas incurable qui peut me faire quitter brusquement un musée en plein milieu de la visite, avec éventuellement quelques paroles un peu sèches envers les infortunés qui m’accompagnent. Il est donc essentiel pour moi, voire vital pour ma bonne humeur et donc le bon déroulement de la journée, de trouver de petits musées lors de la visite desquels la muséïte n’aura pas le temps de faire effet. La taille n’est toutefois pas le seul critère. Un musée du point de croix, ou un musée lapidaire, même petits par la taille, peuvent malheureusement, eux aussi causer une muséïte due à l’ennui incommensurable qu’ils suscitent.

Heureusement qu’il existe des petits musées, beaux ET intéressant, comme la Courtauld Gallery, située dans la cour de Somerset House, face au bâtiment principal.

La cour de Somerset House. Expo temporaire des signes du Zodiaque par Ai Weiwei

Cette collection privée donnée à l’Etat par le collectionneur Samuel Courtauld est une vraie merveille : Renoir, Monet, Manet, Matisse, Cézanne, Seurat, Bonnard, Gauguin, Degas Kandinsky… et il ne s’agit pas seulement d’oeuvres mineures. Le musée abrite le célèbre Autoportrait à l’oreille coupée de Vincent Van Gogh.

J’ai même eu droit à un petit voyage nostalgique en Méditerranée avec la tableau Antibes de Monet et la montagne Sainte Victoire  de Cézanne (une des premières randonnées de Fille Aînée)

Bon à savoir : la visite est gratuite le lundi entre 10h et 14h.

Le musée dépoussiéré

Quand j’étais petite, mon père, passionné d’histoire, a essayé de me donner le goût des musées. Hum, ça n’a pas trop réussi. Un jour en sortie scolaire, je suis même tombée dans les pommes au musée de la Préhistoire de St Germain en Laye. Aujourd’hui encore, il m’arrive d’être atteinte de muséïte aiguë et je ne supporte que les petits musées (j’adore le Musée Rodin par exemple, il fait la taille idéale à mon avis), dans lesquels on n’est pas submergé par le nombre des oeuvres ou des objets.

En revanche, mes filles, surtout la grande, sont des dingues de musées. Dimanche dernier, tandis que j’accompagnais Cadette à un anniversaire, Fille Aînée a absolument voulu que son père l’emmène au British Museum.  Il faut dire que les temps ont changé et que les musées ont su s’adapter aux enfants et proposer des parcours, ateliers et jeux, passionnants pour égayer les visites.

Je recommande donc pour les enfants de leur âge (5 et 7 ans), le Science Museum, avec son Launchpad qui propose plein d’expériences scientifico-ludiques aux enfants. Ils ont même un site internet qui propose des jeux intelligents MAIS pas chiants aux enfants. Le musée est gratuit et il est complété par un cinéma IMAX (payant mais gratuit si vous achetez la carte de membre du musée).

Autre must : le Musée des Transports de Londres, situé en plein coeur de Covent Garden dans une ancienne halle aux fleurs, qui retrace l’histoire des transports de la capitale. On voyage de l’époque de la chaise à porteur puis  de l’omnibus à cheval jusqu’aux premières rames de métro en passant par le tramway et les anciens bus à impériale. Intéressant, ludique, bien pensé, avec deux aires de jeux et des simulateurs qui permettent aux enfants de conduire une rame de métro, c’est un lieu qui plait énormément. L’entrée est gratuite pour les enfants et payante pour les adultes mais valable un an.