Lovely Somerset

Maplestone HallEn ce moment j’ai la tête ailleurs. Rien de grave, je vous dirai pourquoi plus tard (teasing teasing !) Bref, je suis en retard pour vous parler d’un joli week-end dans le Somerset que nous avons reçu en cadeau de Noël. Grâce à une baby-sitter  de choc venue de Paris garder les filles, nous avons ou filer en amoureux pour découvrir Bath, Wells et Stonehenge, en étant basés dans le petit village de Shepton Mallet, dans le joli cottage de Maplestone Hall.

La ville de Bath, fondée par les Romains sous le nom de Aquae Sulis à cause d’une source d’eau chaude (unique en Angleterre) est aujourd’hui inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité.  Au XVIIIème siècle, on a redécouvert les vertus de ces sources et l’aristocratie anglaise s’y est précipitée.  Jane Austen, qui a vécu a Bath, en parle beaucoup dans ses romans. On peut visiter les  "Assembly Rooms" où se tenaient les bals et se balader dans les rues pour admirer la pierre dorée des maisons et l’unité architecturale de la ville rénovée  de fond en comble au XVIIIème.

Mon coup de coeur du week-end, les thermes romains, redécouverts au XIXème siècle et très bien préservés. La visite de ce  haut lieu de la vie sociale à l’époque romaine vaut le coup, et les audio-guides sont très intéressants. On peut par exemple découvrir des "tablettes de défixion", de petits bouts de métal sur lesquels on inscrivait une malédiction, souvent suite à un vol, avant de la jeter dans la source à l’intention de Minerve. Par exemple : "On m’a volé mes gants. Le voleur devrait perdre la raison et perdre la vue " (Rien que ça !) Parfois l’identité du voleur est connue, parfois on a seulement une liste de suspects que l’on donne gentiment à la déesse pour faciliter le travail. J’adore ce genre de détails qui permet un peu d’imaginer le quotidien de l’époque de façon vivante.

En revanche, j’ai été déçue par le Jane Austen Center, que je vous déconseille. On peut faire un tour à la boutique sans payer l’entrée du musée (tout de même 8£) qui n’a pas vraiment d’âme. On se trouve dans une maison semblable à celle où Jane Austen a habité, et la visite consiste en une petite conférence sur la famille Austen et une expo un peu minable de vêtements de l’époque. J’ai nettement préféré la visite de la maison où elle a vécu dans le Hampshire.

Je reviens demain avec un billet sur la suite du week-end à Wells.

Assembly rooms

The Circus

The Royal Crescent

Bath

Pulteney Bridge

Aquae Sulis

Roman ladies

thermes romains

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Clayton mills

A la faveur d’un dimanche ensoleillé (car oui, ça arrive), nous avons refait cette jolie balade sur le chemin de grande randonnée The South Downs Way, pour profiter de la verte campagne anglaise.

Nous avons pu visiter un beau moulin du 19ème siècle qui vient d’être restauré.

Moutons et bluebells étaient aussi au rendez-vous dans les prés et les bois que nous avons traversés.

Clayton mills

à l'assaut du moulin

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sieste

manoir anglais

moutons

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Au poste

Met-Police-logo

Hier, nous avons fait connaissance avec la London Metropolitan Police. Je vous rassure, je n’ai pas été arrêtée en état d’ébriété après mon premier Pimm’s de la saison, ni pour outrage à la décence publique après m’être fait bronzer à demi-nue par ces 16°C caniculaires qui nous ont accablé tout au long de la journée. Nous nous sommes tout simplement trouvées les filles et moi, dans le rôle d’innocentes victimes secourues par de valeureux officiers de police face à un terrible hors-la-loi.

Nous sortions du cours de danse quand Fille Aînée a remarqué depuis l’autre côté de la rue un individu patibulaire qui s’affairait autour de nos vélos bien attachés à un "rack" (comment on appelle ça en français ?). J’ai d’abord pensé charitablement (je ne suis que bonté) que ce brave homme était en train d’attacher son propre vélo. En même temps, à quoi pouvait bien lui servir la pince qu’il avait à la main ? Hum…

Mais avant d’avoir le temps de nous interroger davantage, nous avons vu débarquer une meute de policiers, en voiture et à pied, qui se sont saisis de l’individu. Fille Aînée, n’écoutant que son courage, s’est élancée pour dire aux policiers que le vélo était à elle, malgré les dénégations peu crédibles de l’individu passablement aviné. "Si, je vous jure, ce vélo violet taille fillette est à moi… hiiips !"

Bref, je ne vais pas vous raconter tous les détails, mais on se serait cru dans une vidéo pédagogique sur le rôle de la police, protégeant le vélo d’une adorable petite fille contre un sinistre individu. Du coup, même si Cadette a eu un peu peur, c’est super pour elle de se dire que le "méchant" a été arrêté. Alors que si nous avions été toutes seules face à lui, ça aurait sans doute été un peu effrayant pour elles. Quand à Fille Aînée, elle a trouvé cela très "exciting". Elles ont conclu toutes les deux que cela ferait un excellent sujet de "show and tell" pour l’école.

Nous avons su ensuite que le policier avait surpris la scène sur une caméra, c’est pourquoi il s’était précipité sur les lieux. On pense ce qu’on veut des caméras de surveillance, je suis assez contente en l’occurrence d’avoir récupéré notre vélo tout neuf et de n’avoir perdu que les antivols qu’il a eu le temps de couper.

Nous avons ensuite dû passer au commissariat pour faire une déposition. On nous a installées pour cela dans l’espèce de caféteria où d’autres policiers mangeaient une thaï chicken soup, si j’en crois mon infaillible odorat. Et attention c’était du sérieux ! Je n’aurais jamais cru qu’on pouvait écrire un texte aussi exhaustif sur une simple tentative de vol de vélo. Tous les détails y étaient, jusqu’à la couleur de nos antivols et aux horaires du cours de danse des filles. Ah, il n’a pas précisé qu’elles répétaient Singin’ in the Rain. Il faut peut-être que je le rappelle. J’ai eu un fou rire quand ils ont pris des photos des pièces à conviction : les antivols sectionnés. Cela faisait un peu les Experts à Ealing, version petit budget.

Et attention, il est possible que je doive témoigner en justice contre ce dangereux criminel ! Peut-être vont-ils devoir me mettre dans un programme de protection des témoins ?

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Rappel : l’Angleterre n’est pas dans l’espace Schengen

jubilons in the garden

L’Angleterre est si proche, ça parait tout simple de monter dans un Eurostar pour Londres.

Mais n’oubliez pas qu’il faut quand même avoir une carte d’identité ou un passeport français, ou bien un visa si vous n’êtes pas ressortissant d’un pays de l’UE.

Récemment nous avons eu pas mal de déboires :

Mon frère a dû annuler sa visite car il n’avait pas de carte d’identité pour sa fille. Et oui, parfois, on considère un peu notré bébé comme une extension de nous-mêmes, mais il doit malgré tout avoir un passeport.

Ma belle-soeur burkinabée n’a pas obtenu de visa pour venir. Comme quoi l’Angleterre n’est pas si tolérante que ça avec les étrangers hors UE. Billets d’avion non-échangeables of course sinon c’est pas drôle, sans compter les aller-retours Toulouse/Seine St Denis pour venir faire la demande de visa, car après tout nous ne sommes qu’en 2013, c’est logique de devoir se présenter en personne à des centaines de kilomètres de ton domicile juste pour avoir le droit d’aller passer un week-end à Londres.

Et la soeur d’Antoine qui devait arriver aujourd’hui avec sa famille a eu elle aussi un problème de carte d’identité qui ne sont pas arrivées à temps. Donc vacances à Lille pour ne pas perdre la totalité des billets de train Lyon-Londres…

Bref, si vous n’êtes pas de grands voyageurs, ou si vous avez de jeunes enfants, n’oubliez pas de vérifier la validité de vos cartes d’identité/passeports et d’en faire faire pour vos enfants, quel que soit leur âge. Le livret de famille ne suffira pas.

L’Angleterre n’est pas le bout du monde mais elle est parfois perfide…

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Ce qui ne nous tue pas…

Kew Bridge à marée basse. Quand la marée est haute, c'est une autre histoire.

Kew Bridge à marée basse. Quand la marée est haute, c’est une autre histoire.

Comme vous le savez, la quête de l’ami(e) anglais(e) est ardue. Mais je ne désarme pas. Comme le faisait remarquer Sarah suite à ce billet, pour nouer des liens avec des gens d’une autre culture, il faut vivre des choses ensemble. Aujourd’hui je dois dire que je n’ai pas ménagé mes efforts. J’ai failli tuer la très chic Louisa et maintenant nous sommes super copines !

Le 1er mai n’est pas férié en Angleterre donc je trav euh je vais à l’aviron comme chaque mercredi.

Je faisais équipe dans un double (deux de couple) avec  Louisa et comme tout se passait bien, nous nous sommes mises à papoter, si bien que, concentrée sur la discussion, j’ai légèrement oublié que j’étais chargée de la navigation. Précision, en aviron, on tourne le dos à l’avant du bateau, donc le rameur assis à l’avant doit se retourner pour regarder s’il y a des obstacles et faire les ajustements nécessaires). Nous venions de passer avec brio sous Kew Bridge quand je me suis rendu compte que nous foncions tout droit sur deux énormes péniches amarrées au bord de la Tamise. Rien à faire. Il était trop tard pour changer de cap. Nous nous sommes enfoncées entre les deux. Heureusement, avec l’aide du courant et de notre coach qui nous suivait dans son bateau à moteur, nous avons réussi à repartir. A peine sorties d’affaire, emportées par le courant, nous avons failli nous écraser dans le pont. C’était assez flippant de voir arriver vers nous l’énorme pile du pont autour de laquelle l’eau s’écoulait avec force. J’ai très bien vu le moment où on allait percuter la pile du pont, se retourner, éventuellement casser le bateau et nous retrouver dans l’eau glacée (comme c’est arrivé à Karen, l’Américaine super forte, qui a chaviré trois fois la semaine dernière et a été bien malade à cause de l’eau de la Tamise). Bref, c’est passé tout près. "We were lucky on that one", a commenté sobrement notre coach Ben, toujours très cool.

Ayant échappé de justesse à une mort baignade certaine, soulagées, nous nous sommes congratulées mutuellement, du genre, c’est une expérience  c’est comme ça qu’on apprend, on s’est bien débrouillées, blablabla, style

quand soudain il a fallu faire demi-tour pour rentrer vers le club. Nous l’avons déjà fait des dizaines de fois mais aujourd’hui le courant était super fort et je n’ai pas réussi à faire tourner le bateau assez vite avant qu’on arrive à toute allure dans la berge d’en face. Nous avons failli nous empaler sur de menaçantes branches d’arbres, je me suis mise à dire des gros mots en français (d’où l’expression "Excuse my French"), et là le bateau s’est littéralement coincé entre les branches, impossible de s’en sortir par une manoeuvre quelle qu’elle soit. Nous avons dû piteusement (après une jolie crise de panique où je m’accrochais aux branches en hurlant "I don’t know what to do !") quitter le navire. Je ne sais pas exactement comment j’ai lâché ma branche pour passer d’une embarcation à l’autre mais deux choses sont sûres : 1° cela ne devait pas être beau à voir et 2°je me suis mouillé les fesses.

Notre bateau était tellement bien coincé entre les branches qu’il ne bougeait même pas malgré la force du courant. Impossible de le déloger. Bref, retour au club en chaussettes, persuadées que nous allions au minimum perdre nos bottes Hunter et au pire casser le bateau. Finalement, le coach, retourné là-bas tout seul soi-disant pour que le bateau soit plus léger mais en fait pour pouvoir jurer tout son soûl et s’énerver contre ses abruties d’élèves, a dû casser l’arbre pour extirper le bateau ; la seule victime a été le haut-parleur qui a pris l’eau. Il était assez fier de lui et nous a dit que ça lui ferait quelque chose à raconter dans ses prochains entretiens professionnels. Décrivez une situation où vous avez été sous pression : "Eh bien j’essayais d’apprendre l’aviron à deux étourdies…"

Ben, revenant fièrement avec notre bateau. reste à savoir s'il y a beaucoup de trous dans la coque...

Ben, revenant fièrement avec notre bateau. reste à savoir s’il y a beaucoup de trous dans la coque…

Bref, une fois revenues au club, alors que j’étais un peu honteuse, Louisa, qui bien sûr n’a pas perdu son flegme pendant tout ça et a eu l’air de trouver l’aventure très amusante ("character-building"* selon elle), a déclaré que nous étions à présent Friends For Life. Carrément.

Comme quoi cette expérience n’aura pas été vaine…

* un peu difficile à traduire en un mot, c’est l’idée de forger sa personnalité grâce à de nouvelles expériences.

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Du soleil à London

Allez, pour bien commencer la semaine, quelques photos de notre week-end ensoleillé.

Je vous emmène à Notting Hill et Hyde Park.

Un grand ciel bleu, et hop, les Anglais dégainent le tee-shirt et les tongs, même s’ils ne fait que 5°C à 9h du matin. Dans les parcs, certains sont même en maillot de bain. Nous n’avons pas poussé jusque-là, mais nous avons bien profité de ce temps magnifique.

printemps à Notting Hill

I want to live there !

J’ai bien aimé ce musicien, un peu cabossé comme sa contrebasse :

musicien Notting Hill

Un déjeuner bien sympa dans un beer garden :

Prince Albert

Il ne fait pas si chaud sur la terrasse abritée et Fille aînée est ravie de se faire réchauffer le dos :

Prince Albert beer gardenPuis, direction Hyde Park. Dans la Serpentine, un espace est aménagé pour la nage et la baignade, le Lido. Les nageurs du club de la Serpentine y nagent toute l’année. Un homme de mon club d’aviron me disait qu’il adorait y aller avant le boulot, que c’était super revigorant. Je peux le comprendre, mais pour se lever deux heures plus tôt en hiver, pour aller ensuite se jeter dans une eau glacée, il faut un certain courage dont j’ai bien peur de ne pas être pourvue !

Samedi, l’eau était à 12°C et si la plupart des gens étaient en combi, nous avons quand même vu une Marseillaise se baigner en deux pièces. Glagla !

Lido

Nageurs, pédalos, barques, tout le monde à La Serpentine !

Blue

Serpentine pédalos

Et pour finir, on prend le soleil à la roseraie (pour l’instant, plus de jonquilles que de roses, on est d’accord.)

bronzette à la roseraie

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Quand les Anglaises se décoincent

Bon, que les choses soient claires, je n’ai toujours pas d’amie anglaise. mais j’en côtoie tout de même quelques-unes. Par exemple, Louisa, avec qui je fais de l’aviron : une grande  rousse aux yeux bleus, élancée (en Angleterre, le poids est inversement proportionnel au niveau social, vous avez remarqué ? Quand on se promène dans Mayfair, on croise des êtres éthérés, qui ne semblent pas appartenir au même univers que nous autres pauvres mortels), avec un accent d’une distinction incomparable. 

Lady Mary

Photo pbs.org

Au début, je la trouvais un peu coincée, limite hypocrite, avec son air de n’en penser pas moins lorsqu’elle vous assure avec un grand sourire et une voix douce que cela ne la dérange pas d’aller dans l’équipage des débutantes, même si elle est plus avancée.

Cependant, le froid de l’hiver aidant, les effectifs du cours d’aviron ont fondu comme neige au soleil (même si de soleil nous n’en avons guère vu ces derniers temps) et nous nous sommes retrouvées à trois, Karen, l’Américaine ultra-sportive qui se sent mal si elle n’a pas couru le matin et dont le rêve est de traverser l’Atlantique à la rame, moi (qui me demande parfois ce que je fais là), et donc Louisa, la belle Anglaise aux traits aristocratiques.

Evidemment en apprenant à se connaître, les préjugés disparaissent peu à peu et je me marre bien avec mes camarades de galère, avant ou après la session bien sûr, car pendant,  inutile d’essayer de penser à autre chose qu’à l’enchaînement des gestes, même s’il nous restait un peu de souffle.

Mercredi dernier, Louisa et Karen parlaient donc d’un concert auquel elles avaient assisté ensemble. Apparemment ce concert n’était pas du plus grand intérêt. Mais Louisa assène de sa voix douce, avec un sourire : "The concert was so long, I was losing the will to live". Un petit peu plus classe que "It was f… boring", non ? J’adore cet humour anglais, mélange d’exagération et d’ironie, avec un brin de désinvolture et de recul sur soi-même.

Jamais Louisa ne sombre dans la vulgarité. Avec son accent si distingué, elle peut absolument tout se permettre. Elle me fait penser à Lady Mary Crawley. Jamais elle ne perd son raffinement, même lorsqu’elle nous glisse une remarque coquine sur la combinaison de notre coach qui moule son anatomie de façon fort peu équivoque. Shocking ? Non, juste terriblement british…

 

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