Le collège en Angleterre, un parcours du combattant

Rentrée en Year 5

Je sors enfin de cet insoutenable silence bloguesque pour vous parler d’un sujet glamour à souhait : la scolarité dans le secondaire en Angleterre.

L’inscription au collège (high school) est un véritable marathon qui commence dès le Year 5 (CM1) pour les parents normaux, mais qui a pu être entamé il y a déjà des années par les plus prévoyants (pushy ?) d’entre eux.

Il n’y a pas de collège de secteur comme en France, c’est-à-dire que le lieu de résidence n’impose pas (officiellement) un certain collège. On fait des vœux (6), après quoi chaque établissement décide ou non d’accepter l’enfant selon des critères hyper stricts. Dans la pratique, si vous habitez à 100 m d’un excellent collège, c’est gagné.

Il y a donc les écoles religieuses, pour la plupart catholiques ou anglicanes, et attention, là ça ne rigole pas, on vous attribue un certain nombre de points selon que vous allez à l’église toutes les semaines, toutes les deux semaines ou tous les mois, selon que vous êtes ou non impliqués dans la vie de la paroisse etc… Et je vous préviens tout de suite, pas moyen de tricher, les attestations doivent être signées par le prêtre ou le pasteur. C’est donc fait pour que seuls les gens vraiment croyants qui adhèrent aux valeurs de l’école puissent y entrer, même si ce sont des écoles publiques. Ce sont souvent des écoles de bon niveau, donc certains parents acharnés se mettent à aller à l’église régulièrement deux ans avant le high school, ce que l’on peut trouver un brin hypocrite !

Les autres critères sont les frères et sœurs déjà dans l’école, et ensuite la distance, à vol d’oiseau (minute traduction, cela se dit « as the crow flies ») ou bien par la route. Google Maps est ton ami (ou ton ennemi, c’est selon). La plupart des collèges sont mixtes mais il en reste encore un grand nombre de non-mixtes, dans la plus pure tradition anglaise.

Si aucun des établissements (après visite, consultation du site OFSTED, épluchage des forums de parents) auxquels tu penses pouvoir prétendre d’après les critères, ne te convient (en effet, chez nous par exemple, si on exclut les écoles religieuses, il ne reste plus grand chose), que faire ?

Le privé ? Nonobstant (ce n’est pas souvent qu’on a l’occasion d’écrire « nonobstant » alors j’en profite) toute considération idéologique, il y a un petit problème : le prix. UNE année pour UN enfant vous coûtera en effet la bagatelle de 15000 à 30000 £, c’est à dire 18 000 à 40 000 €. Je vous laisse donc imaginer quelle catégorie de gens peut se permettre d’y mettre ses enfants. Certains sont des « boarding-schools », des internats à la campagne pour se rêver en héroïne des romans de notre enfance. Le Lycée Français de South Kensington serait une solution (bien qu’il soit lui aussi loin d’être gratuit, plus de 600 £ par mois par enfant), mais il est pris d’assaut et n’accepte que les enfants qui viennent des écoles primaires françaises. Pour nous, ce serait le Collège Français Bilingue de Kentish Town, qui impliquerait un long trajet en métro avec des changements et je ne sais pas si mon coeur de mère angoissée y survivrait.

Il reste encore un dernier espoir, les grammar schools, sur examen (les fameux 11+). Il s’agit d’une subsistance de l’ancien système dans lequel on avait les grammar school pour les meilleurs élèves, destinés à des études longues et la « comprehensive » pour ceux qui feraient plutôt des études courtes. Bref, il reste donc des grammar schools, très peu dans la région de Londres, énormément dans le Kent ou le Bucks (Buckingham shire). C’est un système décrié, pour les inégalités qu’il induit entre les enfants des classes moyennes qui peuvent se permettre de payer un tutorat et ceux qui ne le peuvent pas. Je suis partagée, cela ne me parait pas plus inégalitaire (moins d’ailleurs) que le système de distance qui fait grimper les prix des maisons aux abords d’un bon collège. On lit des articles de journaux abracadabrants sur des parents faisant lever leur enfant à 5h du mat pour son cours particulier avant de partir à l’école. Je ne sais pas si c’est très courant mais en tout cas la concurrence est féroce, surtout par ici où il y a très peu de grammar schools. Tiffin School for Girls, à Richmond, a très bonne réputation et a l’air géniale mais elle prend un candidat sur 10 !

Perso, je ne m’emballe pas car j’ai appris que de notre école primaire de quartier, il y avait en moyenne… 1 enfant par an qui intégrait une grammar school !

Je vous laisse en musique avec la délicieuse voix de Hannah Reid du groupe… London Grammar