Vive l’école… (d’Antibes)

Comme je l’ai déjà dit (mais étiez-vous attentifs ?), ma grande n’a pas encore de place à l’école. Apparemment, il y a un afflux de familles à Ealing et une pénurie de places dans les écoles, malgré des travaux d’agrandissement un peu partout et des classes déjà bien remplies. Au moment de l’inscription, on demande trois écoles par ordre de préférence, et normalement on a une place dans l’une d’elles. C’est ce qui s’est passé pour Fille Cadette mais Fille Aînée doit attendre que quelqu’un déménage (sur les trois classes de Year 2) pour avoir une place.

Donc quand elle n’est pas en train de lire, nous travaillons ensemble ou bien nous faisons des sorties culturelles ; hier elle a passé la matinée à faire des croquis de momies, sarcophages et tombeaux au British Museum, comme les grands.

Séance croquis au V&A

J’essaie aussi de la faire avancer en anglais et de la faire pratiquer un peu la langue grâce à des activités sportives.

Pour l’instant ça n’a pas l’air de la déranger, elle semble ravie de passer du temps avec moi et c’est réciproque. de toute façon je ne me fais aucun souci sur ses capacités pour rattraper ensuite le temps perdu. (On verra si je tiens le même discours dans trois semaines…)

Bref, tout ça pour dire que ce matin nous avons toutes les deux été particulièrement ravies de découvrir un mail de sa maîtresse d’Antibes proposant qu’elle participe au journal de bord que ses camarades rédigent sur la classe de mer en écrivant deux petits textes illustrés. Elle y a passé toute la matinée,  très heureuse que sa maîtresse ait pensé à elle. J’ai moi aussi été très touchée de voir qu’elle ne l’oubliait pas ; Fille Aînée est très sensible et quitter sa classe et en particulier Milena, la maîtresse, a été très dur pour elle. Maintenir un lien par mail, comme elle le fait depuis un mois maintenant lui permet de garder quelques repères en attendant de recommencer l’école ici. Et qui sait, peut-être resteront-elles en contact très longtemps, comme Milena elle-même l’est restée avec son ancienne instit de CM2 ?

Notre to-do list avant le déménagement

– TROUVER UN APPARTEMENT A LONDRES ( ça, ce n’est pas le plus facile, mais c’est le plus essentiel et le plus urgent, d’où découle tout le reste)

– TROUVER UNE ECOLE A LONDRES (ça, c’est le plus important mais qui ne dépend que faiblement de nous. Même en étant tout près d’une bonne école, arrivant en cours d’année, rien ne dit que nous aurons des places…)

– donner le préavis de l’appart avec justificatif pour réduire le préavis à un mois. ça, ça va, à part la lettre recommandée parce que je déteste aller à la Poste mais bon…

– repeindre les endroits de l’appart où vraiment on ne peut pas plaider que de grands dessins au feutre sur les murs soient de  « l’usure normale ».

– organiser le déménagement, contacter déménageurs pour devis, planifier les dates pour éviter de se retrouver tout nus sous un pont pendant que nos affaires chemineront plus ou moins lentement vers le Nord…

– vendre les deux voitures et résilier les assurances, ainsi que celle de l’appart.

– résilier abonnements téléphones portables  (ce qui ne va pas être simple puisque nous venions de nous réengager sur 24 mois), encore lettres recommandées, beurk…

– vendre les meubles trop encombrants (tout l’électroménager s’il est déjà sur place), trouver quelqu’un qui ait envie de récupérer notre citronnier et notre palmier, snif, snif, et notre salon de jardin en bois qui risquent tous de ne pas apprécier le climat londonien…

– fermer les comptes bancaires – sauf un – et en ouvrir un à Londres, ça ça devrait aller.

– prendre RDV avec les impôts, pas le plus fun…

– régler la situation avec l’AGESSA (équivalent URSSAF pour les auteurs), réussir à démêler l’écheveau des infos contradictoires qu’on me donne…

– organiser des fêtes d’adieu pour les filles avec leurs amis. Et pour nous aussi.

– résilier l’accès internet et renvoyer la freebox. Lettre recommandée, again.

– organiser le suivi du courrier. Bouh, encore la Poste, à moins qu’on puisse le faire par Internet ?

Eh bien quand je vois que rien que pour résilier l’abonnement à « Abricot » de Fille Cadette, il a fallu six coups de téléphone et un coup de stress, moi je vous le dis, les amis, ça va pas être de la tarte !

Annonce

Depuis quelques semaines, Antoine et moi étions mal à l’aise à chaque fois que l’une de nos filles nous parlait avec des étoiles dans les yeux des amis qu’elle souhaitait inviter à son anniversaire (dans six mois), de son spectacle de fin d’année de danse ou de théâtre, auquel elle pense depuis le premier cours de l’année, ou encore du sport qu’elle allait faire avec l’école au troisième trimestre.

Tiens, ma fille aime se projeter dans l’avenir, bizarre, je me demande de qui elle tient ça (certainement pas d’une mère qui a déjà créé un blog pour  rêver à son expatriation alors que le contrat n’est même pas signé ??? et qui passe sa vie sur Gumtree et autre Rightmove, sans parler de mamansalondres).

Bref,  nous avions envie de leur faire part de nos projets, même si tout n’est pas finalisé, pour qu’elles puissent elles aussi se projeter un peu, se faire à l’idée. Je m’attendais à un peu de mauvaise humeur, des angoisses et des questions, mais finalement c’est passé comme une lettre à la poste.

« Les filles, Papa et moi avons quelque chose à vous annoncer. Papa va peut-être changer de travail et nous allons sûrement partir dans un autre pays, à Londres.

– A Londres, ouais, j’adore ! s’écrie Fille Cadette, 4 ans, qui n’y a jamais mis les pieds mais se voit déjà « à Bloomsbury, dans la demeure de la famille Darling », (vous aurez reconnu le début de Peter Pan de Walt Disney, film culte de Fille Cadette).

– Mais on ne parle pas anglais, objecte Fille Aînée sans avoir l’air de stresser outre mesure, alors que c’est surtout pour elle que je m’inquiète.

– Eh bien, nous allons apprendre un petit peu, avant de partir, jeudi nous allons faire un cours de musique en anglais (chez une amie anglaise, avec une prof anglaise ) et puis je vais vous lire des histoires en anglais pour vous habituer un peu à entendre la langue.

– Bon, d’accord. »

Point. terminé. Coup d’œil  étonné d’Antoine. C’est tout ? C’est pour ça qu’on stressait comme des malades ? Certes, on ne leur a pas encore dit que le déménagement allait se faire en cours d’année mais elles sont déjà contentes ou du moins OK sur le principe, c’est énorme, je suis sou-la-gée !

Et c’est Fille Cadette qui m’a réclamé l’histoire en anglais après le dîner. Hooray !

Mais vous êtes fous !

En ce moment nos amis se divisent en deux catégories, les optimistes et les pessimistes. En entendant parler de notre projet, il y a ceux qui sont super contents pour nous, qui trouvent que c’est une chance, et ceux qui nous voient déjà au bord du divorce, hâves et blafards sous les néons du métro londonien, enfermés dans un clapier d’une banlieue sordide, rendus à moitié sourds par le vrombissement incessant des avions de Heathrow tout proche et les pleurs des enfants angoissés d’aller à l’école dans une langue qu’ils ne comprennent pas, sans oublier l’impossibilité de profiter de cette ville atrocement chère pour des gens qui ne bossent pas à la City, bref, après ce genre de discussion, je ne dors pas forcément bien la nuit.

Mais bon, il ne tient qu’à nous de voir la vie en couleurs !

sous la pluie à Florence
laughing in the rain in Firenze

Incertitude

To go or not to go, that is the question…

Depuis 2 mois, je suis en transe à l’idée de partir habiter Londres, ville mythique pour moi qui suis passionnée de culture et de littérature anglaise. Je m’imagine, je planifie, je me projette, je passe un nombre d’heures complètement déraisonnables à surfer sur des blogs d’expats à Londres dont les photos et les idées de sortie me mettent au supplice !

Seulement voilà, la rentrée des classes est dans 3 jours et nous sommes toujours ici, pas malheureux, mais dans le flou, ignorant ce que l’avenir nous réserve…

Dur, dur de s’investir dans une rentrée ici alors que nous allons peut-être partir en cours d’année. Du coup, je ne me vois pas me présenter comme déléguée des parents d’élèves ou m’inscrire dans une association. Autre sujet de stress, la grande a une classe de mer prévue début décembre (comment ça, c’est une date étrange pour une classe de mer ? Mauvaise langue ! Et puis d’abord chez nous il fait beau toute l’année, na !) et apparemment la maîtresse va organiser tout son premier trimestre autour de ce thème. J’angoisse de me dire qu’elle ne pourra peut-être pas y participer… Quant aux activités des enfants, quel casse-tête ! Pour l’escalade, il faut s’engager (et donc payer à l’année), ah, la danse, c’est bon, il y a des cotisations au trimestre ! Finalement, nous les avons inscrites quand même aux loisirs de leur choix, quitte à perdre quelques euros au passage. Comme nous ne leur avons pas parlé de nos projets pour l’instant (à quoi bon, si ça ne se réalise pas ?) je ne vois pas comment je pourrais leur expliquer qu’elles ne peuvent pas continuer leurs activités.

Bref, j’ai vraiment hâte d’être fixée, soit pour me lancer à fond dans les préparatifs, soit pour surmonter rapidement ma déception et me réinvestir dans ma vie d’ici, à laquelle j’ai déjà un peu dit au revoir inconsciemment.

En attendant, nous profitons de ce que la région a à nous offrir, et ce n’est pas trop désagréable…

crique
St Jean Cap-Ferrat
Peillon
Peillon, village perché de l'arrière-pays niçois