Voter à Londres

Dimanche 22 avril, comme une dernière concession au décalage horaire, nous avons voulu faire la grasse matinée avant d’aller voter.

Erreur funeste.

Si on voulait éviter de faire deux heures de queue, il fallait se lever à six heures pour être sur place dès l’ouverture des bureaux de vote à 8h.

En arrivant devant le Lycée français peu avant 14h, assez contente de mon idée de venir à une heure que je pensais « creuse » (c’est bien connu, les Français aiment prendre le temps de déjeuner, non ?) j’ai eu la mauvaise surprise d’apprendre qu’il y avait plus d’une heure et demi de queue.

Sentant mon patriotisme chanceler à cette nouvelle, (je pense qu’il est important de voter mais j’ai aussi envie de faire autre chose de mon dimanche que piétiner sur le trottoir de Queensberry Place en essayant de gérer des enfants un peu excités après une semaine de mauvais temps) j’ai essayé de convaincre mes camarades de partir. Impossible. C’est vrai que devant cette flopée de bons citoyens faisant sagement la queue comme nos amis anglais, dans la bonne humeur malgré l’averse qui menaçait (et qui finalement éclata un peu plus tard), on aurait eu un peu mauvaise conscience à se défiler.

Bravo tout de même aux Français de Londres (comme à ceux de France) pour cette participation massive, même si quelques-uns ont renoncé, découragés, ce qui est bien compréhensible. Nous nous sommes même demandé si les conditions (deux heures de queue dont une partie sous la pluie) ne constituaient pas une entrave au droit de vote (Un juriste dans la salle pour me donner son avis ?) On peut trouver ça amusant, pas bien grave, on discute, on s’arrange pour emmener les enfants au musée pendant ce temps, à tour de rôle, mais sur le fond c’est tout de même assez lamentable.

Le même chaos s’était déjà produit en 2007 et le nombre d’électeurs inscrits sur les listes n’est tout de même pas une surprise. On nous a dit que la difficulté résidait dans le fait qu’il faut au moins un fonctionnaire de catégorie A par bureau de vote. Je ne sais pas si c’est la vraie raison mais dans ce cas, Londres n’étant pas à l’autre bout du monde, n’aurait-il pas été envisageable de faire venir des fonctionnaires de Paris ?

Bref nous avons fait notre devoir, et je suis ravie d’avoir fait la connaissance à cette occasion d’une blogueuse que je suis depuis deux ans, mais je ne peux pas m’empêcher de trembler un peu pour le 6 mai  en pensant qu’il y aura encore plus de monde dans les deux malheureux centres de vote pour les 300000 Français de Londres, « sixième ville française » par sa population.