Au poste

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Hier, nous avons fait connaissance avec la London Metropolitan Police. Je vous rassure, je n’ai pas été arrêtée en état d’ébriété après mon premier Pimm’s de la saison, ni pour outrage à la décence publique après m’être fait bronzer à demi-nue par ces 16°C caniculaires qui nous ont accablé tout au long de la journée. Nous nous sommes tout simplement trouvées les filles et moi, dans le rôle d’innocentes victimes secourues par de valeureux officiers de police face à un terrible hors-la-loi.

Nous sortions du cours de danse quand Fille Aînée a remarqué depuis l’autre côté de la rue un individu patibulaire qui s’affairait autour de nos vélos bien attachés à un « rack » (comment on appelle ça en français ?). J’ai d’abord pensé charitablement (je ne suis que bonté) que ce brave homme était en train d’attacher son propre vélo. En même temps, à quoi pouvait bien lui servir la pince qu’il avait à la main ? Hum…

Mais avant d’avoir le temps de nous interroger davantage, nous avons vu débarquer une meute de policiers, en voiture et à pied, qui se sont saisis de l’individu. Fille Aînée, n’écoutant que son courage, s’est élancée pour dire aux policiers que le vélo était à elle, malgré les dénégations peu crédibles de l’individu passablement aviné. « Si, je vous jure, ce vélo violet taille fillette est à moi… hiiips ! »

Bref, je ne vais pas vous raconter tous les détails, mais on se serait cru dans une vidéo pédagogique sur le rôle de la police, protégeant le vélo d’une adorable petite fille contre un sinistre individu. Du coup, même si Cadette a eu un peu peur, c’est super pour elle de se dire que le « méchant » a été arrêté. Alors que si nous avions été toutes seules face à lui, ça aurait sans doute été un peu effrayant pour elles. Quand à Fille Aînée, elle a trouvé cela très « exciting ». Elles ont conclu toutes les deux que cela ferait un excellent sujet de « show and tell » pour l’école.

Nous avons su ensuite que le policier avait surpris la scène sur une caméra, c’est pourquoi il s’était précipité sur les lieux. On pense ce qu’on veut des caméras de surveillance, je suis assez contente en l’occurrence d’avoir récupéré notre vélo tout neuf et de n’avoir perdu que les antivols qu’il a eu le temps de couper.

Nous avons ensuite dû passer au commissariat pour faire une déposition. On nous a installées pour cela dans l’espèce de caféteria où d’autres policiers mangeaient une thaï chicken soup, si j’en crois mon infaillible odorat. Et attention c’était du sérieux ! Je n’aurais jamais cru qu’on pouvait écrire un texte aussi exhaustif sur une simple tentative de vol de vélo. Tous les détails y étaient, jusqu’à la couleur de nos antivols et aux horaires du cours de danse des filles. Ah, il n’a pas précisé qu’elles répétaient Singin’ in the Rain. Il faut peut-être que je le rappelle. J’ai eu un fou rire quand ils ont pris des photos des pièces à conviction : les antivols sectionnés. Cela faisait un peu les Experts à Ealing, version petit budget.

Et attention, il est possible que je doive témoigner en justice contre ce dangereux criminel ! Peut-être vont-ils devoir me mettre dans un programme de protection des témoins ?