London, repeat after me

Comme tous les expats qui partent avec leurs enfants sous le bras, nous essayons de ne pas traumatiser excessivement notre progéniture car ça nous gâcherait un peu le fun de l’aventure. Nous sommes quand même responsables de leur déracinement, même sans partir au bout du monde.

Le gros morceau en number one position de mes insomnies en ce moment, c’est  le choix (ou plutôt la loterie) de l’école.
Pour nos filles, ce sera l’école publique anglaise

1) parce que le temps où la gentille boîte payait l’école française pour les enfants est hélas révolu, crise oblige !

2) parce que l’un des buts de la manip est tout de même de permettre à nos filles d’être bilingues… et ensuite au retour d’intégrer un collège/lycée international (oui je sais je suis une dingue de la planification à l’avance !)

3) même si on décidait d’y mettre les moyens, il y a des listes d’attente de malade dans les écoles françaises et je ne suis pas sûre d’avoir l’énergie pour supporter encore toute cette incertitude, et risquer de me retrouver au final avec les deux dans deux écoles différentes, aargh, le cauchemar !

J’en suis pour le moment à la collecte d’information, je jongle entre les sites immobiliers, Google maps, le plan du tube, et le site de l’Ofsted pour essayer de trouver la maison parfaite. Et parfaitement située ! A suivre…

Aller dans une école anglaise, Fille Cadette ne voit pas le problème, d’ailleurs vu le don qu’elle semble avoir pour les langues elle devrait s’intégrer très vite, mais Fille aînée commence à stresser.
Elle me dit des trucs qui me brisent le cœur, du genre : « moi je suis triste parce que j’adore lire et en Angleterre je ne saurai plus lire. » Alors quand je la rassure en lui expliquant que d’une, elle pourra continuer à lire des livres en français et que de deux, elle saura aussi lire en anglais au bout de quelques temps, son petit visage s’illumine et la boule dans ma gorge se dissipe. Un peu.

Donc pour se mettre dans le bain, nous allons toutes les trois à un cours de musique chez une amie anglaise, animée par une musicienne et chanteuse anglaise, avec des enfants de différentes nationalités. Les filles adorent et moi j’écoute les conseils de mes copines sur les différents quartiers de l’ouest de Londres où nous aimerions habiter.

Nous avons commencé depuis une semaine à lire une histoire en anglais chaque soir. Au début, je n’osais pas, préférant qu’elles entendent parler des « native » mais mes (gentilles) copines anglophones m’ont assuré que mon accent était correct. J’admets qu’il est plus américain que british mais j’y travaille (et quel bon prétexte pour me re-re-regarder toutes les adaptations de Jane Austen et autres Keira Kniaiseries).

Et pour faire bonne mesure, nous avons commencé une petite méthode d’anglais pour enfants, Alice and Jeremy, sorte d’Assimil pour 7-10 ans, qui leur plait bien. Elles répètent consciencieusement « plane » et « train », telles de petites Eliza Doolittle.

Annonce

Depuis quelques semaines, Antoine et moi étions mal à l’aise à chaque fois que l’une de nos filles nous parlait avec des étoiles dans les yeux des amis qu’elle souhaitait inviter à son anniversaire (dans six mois), de son spectacle de fin d’année de danse ou de théâtre, auquel elle pense depuis le premier cours de l’année, ou encore du sport qu’elle allait faire avec l’école au troisième trimestre.

Tiens, ma fille aime se projeter dans l’avenir, bizarre, je me demande de qui elle tient ça (certainement pas d’une mère qui a déjà créé un blog pour  rêver à son expatriation alors que le contrat n’est même pas signé ??? et qui passe sa vie sur Gumtree et autre Rightmove, sans parler de mamansalondres).

Bref,  nous avions envie de leur faire part de nos projets, même si tout n’est pas finalisé, pour qu’elles puissent elles aussi se projeter un peu, se faire à l’idée. Je m’attendais à un peu de mauvaise humeur, des angoisses et des questions, mais finalement c’est passé comme une lettre à la poste.

« Les filles, Papa et moi avons quelque chose à vous annoncer. Papa va peut-être changer de travail et nous allons sûrement partir dans un autre pays, à Londres.

– A Londres, ouais, j’adore ! s’écrie Fille Cadette, 4 ans, qui n’y a jamais mis les pieds mais se voit déjà « à Bloomsbury, dans la demeure de la famille Darling », (vous aurez reconnu le début de Peter Pan de Walt Disney, film culte de Fille Cadette).

– Mais on ne parle pas anglais, objecte Fille Aînée sans avoir l’air de stresser outre mesure, alors que c’est surtout pour elle que je m’inquiète.

– Eh bien, nous allons apprendre un petit peu, avant de partir, jeudi nous allons faire un cours de musique en anglais (chez une amie anglaise, avec une prof anglaise ) et puis je vais vous lire des histoires en anglais pour vous habituer un peu à entendre la langue.

– Bon, d’accord. »

Point. terminé. Coup d’œil  étonné d’Antoine. C’est tout ? C’est pour ça qu’on stressait comme des malades ? Certes, on ne leur a pas encore dit que le déménagement allait se faire en cours d’année mais elles sont déjà contentes ou du moins OK sur le principe, c’est énorme, je suis sou-la-gée !

Et c’est Fille Cadette qui m’a réclamé l’histoire en anglais après le dîner. Hooray !

Journées du Patrimoine

Toujours dans la série, profitons de notre belle région puisque nous sommes assez fous pour vouloir la quitter, un petit tour au Cap d’Antibes en cette « Journée du Patrimoine ».

Olivette

Le port de l’Olivette, petit abri dans la baie du Cap d’Antibes, loin des yachts démesurés du port d’Antibes est le refuge de quelques amoureux des pointus, qui se sont regroupés en association.

Olivette

Ces anciens bateaux de pêche sont tous plus colorés les uns que les autres.

pointu rose
très colorés

Et pour faire partager leur passion, ils ont même eu l’idée de nous emmener faire un petit tour en mer.

Héloïse à la barreLe propriétaire du bateau y est allé de ses petites anecdotes sur les journalistes à qui il fait payer des sommes colossales pendant le festival de Cannes pour les amener juste sous l’Hôtel du Cap-Eden Roc, le repaire des stars !

hôtel du Cap Eden RocUn peu plus loin sur le Cap d’Antibes, la Villa Eilenroc (anagramme de Cornélie, épouse du premier propriétaire), appartient aujourd’hui à la ville d’Antibes-Juan les Pins. On peut visiter l’intérieur, luxueux et confortable, et qui sert encore à accueillir les hôtes de marque,

En explorant les jardins qui descendent jusqu’à la mer, nous sommes tombés sur des petits coins de paradis.

Pour en savoir plus sur la  villa Eilenroc, c’est par ici.

Mais vous êtes fous !

En ce moment nos amis se divisent en deux catégories, les optimistes et les pessimistes. En entendant parler de notre projet, il y a ceux qui sont super contents pour nous, qui trouvent que c’est une chance, et ceux qui nous voient déjà au bord du divorce, hâves et blafards sous les néons du métro londonien, enfermés dans un clapier d’une banlieue sordide, rendus à moitié sourds par le vrombissement incessant des avions de Heathrow tout proche et les pleurs des enfants angoissés d’aller à l’école dans une langue qu’ils ne comprennent pas, sans oublier l’impossibilité de profiter de cette ville atrocement chère pour des gens qui ne bossent pas à la City, bref, après ce genre de discussion, je ne dors pas forcément bien la nuit.

Mais bon, il ne tient qu’à nous de voir la vie en couleurs !

sous la pluie à Florence
laughing in the rain in Firenze

Incertitude

To go or not to go, that is the question…

Depuis 2 mois, je suis en transe à l’idée de partir habiter Londres, ville mythique pour moi qui suis passionnée de culture et de littérature anglaise. Je m’imagine, je planifie, je me projette, je passe un nombre d’heures complètement déraisonnables à surfer sur des blogs d’expats à Londres dont les photos et les idées de sortie me mettent au supplice !

Seulement voilà, la rentrée des classes est dans 3 jours et nous sommes toujours ici, pas malheureux, mais dans le flou, ignorant ce que l’avenir nous réserve…

Dur, dur de s’investir dans une rentrée ici alors que nous allons peut-être partir en cours d’année. Du coup, je ne me vois pas me présenter comme déléguée des parents d’élèves ou m’inscrire dans une association. Autre sujet de stress, la grande a une classe de mer prévue début décembre (comment ça, c’est une date étrange pour une classe de mer ? Mauvaise langue ! Et puis d’abord chez nous il fait beau toute l’année, na !) et apparemment la maîtresse va organiser tout son premier trimestre autour de ce thème. J’angoisse de me dire qu’elle ne pourra peut-être pas y participer… Quant aux activités des enfants, quel casse-tête ! Pour l’escalade, il faut s’engager (et donc payer à l’année), ah, la danse, c’est bon, il y a des cotisations au trimestre ! Finalement, nous les avons inscrites quand même aux loisirs de leur choix, quitte à perdre quelques euros au passage. Comme nous ne leur avons pas parlé de nos projets pour l’instant (à quoi bon, si ça ne se réalise pas ?) je ne vois pas comment je pourrais leur expliquer qu’elles ne peuvent pas continuer leurs activités.

Bref, j’ai vraiment hâte d’être fixée, soit pour me lancer à fond dans les préparatifs, soit pour surmonter rapidement ma déception et me réinvestir dans ma vie d’ici, à laquelle j’ai déjà un peu dit au revoir inconsciemment.

En attendant, nous profitons de ce que la région a à nous offrir, et ce n’est pas trop désagréable…

crique
St Jean Cap-Ferrat
Peillon
Peillon, village perché de l'arrière-pays niçois