Mes romans british préférés

Depuis les étés chez mes grands-parents passés à dévorer leur collection d’Agatha Christie, j’ai toujours eu un faible pour la littérature anglaise. Je suis bien sûr une inconditionnelle de Jane Austen dont j’ai lu tous les romans, même inachevés et que j’ai eu le plaisir d’approfondir en licence d’anglais.

Pour ce qui est de la littérature britannique plus contemporaine, je vous livre les lectures qui m’ont le plus marquée :

Pour la peinture de la société anglaise :

Jonathan Coe : What a carve up ! / Testament à l’anglaise


Un livre à avoir lu absolument : fresque historico-familiale, satire des années Thatcher, férocement drôle, passionnant, un de mes bouquins préférés.

Je recommande aussi de cet auteur La maison du sommeil et La pluie avant qu’elle tombe.

L’un de mes auteurs préférés, très très haut sur la liste :

Kate Atkinson, née à York et que je croyais écossaise parce qu’elle vit aujourd’hui à Edimbourg où se passent certains de ses romans.

Behind the scenes at the museum/ Dans les coulisses du musée


Ce roman a remporté le prix Whitbread en 1996. Chronique familiale,  drôle, émouvante, subtile et pleine de fantaisie. Un roman que j’aime beaucoup faire découvrir et offrir.  Quelques coquilles m’ont agacée dans l’édition française mais c’est une déformation professionnelle…

Kate Atkinson a fait deux autres tentatives assez personnelles, Emotionally weird (Sous l’aile du bizarre) et Dans les replis du temps que j’aime beaucoup aussi même s’ils n’ont pas la même envergure, et ensuite elle est devenue plus « grand public » à partir de la Souris Bleue, polar plein de qualités également, avec le héros Jackson Brodie que l’on suit dans Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux et A quand les bonnes nouvelles ? C’est noir, mais drôle aussi, subtil et profond. Elle a aussi publié d’excellents recueils de nouvelles, On a de la chance de vivre aujourd’hui et C’est pas la fin du monde

Le dernier Kate Atkinson, Started early, took my dog est encore un petit-chef d’oeuvre d’humour, d’émotion et de satire sociale tout en étant un bon polar. Elle a vraiment un talent pour croquer des personnages forts, touchants, humains, quoi…

Côté polars il y a bien évidemment Anne Perry, la reine du policier historique, avec Charlotte et Thomas Pitt, et Hester et William Monk, aux côtés de qui j’ai grand plaisir à arpenter le Londres de l’époque victorienne. J’avoue que j’ignorais le sulfureux passé d’Anne Perry jusqu’à aujourd’hui en cherchant un lien Wikipedia.

Ian Mc Ewan : Enduring Love/ Délire d’amour


Quand l’amour est une maladie. Férocement drôle et inquiétant. Un chef d’œuvre d’humour noir, grâce auquel j’ai découvert Ian Mc Ewan, pour moi l’un des plus grands romanciers contemporains.

A lire aussi de lui


Pour Henry Perowne – neurochirurgien réputé, mari heureux, père comblé d’un musicien de blues et d’une poétesse – ce devait être un samedi comme les autres. Pas question d’aller défiler contre la guerre en Irak. Plutôt goûter les plaisirs de la vie. Et pourtant… Un banal accrochage, et voilà la violence qui surgit dans son existence protégée. Henry aura beau tenter de reprendre le fil de sa journée, ses vieux démons et le chaos du monde le rattraperont sans cesse durant ces vingt-quatre heures, au terme desquelles plus rien ne sera jamais comme avant. Tout en faisant diaboliquement monter le suspense, McEwan entrelace événements planétaires et fait de cet étrange samedi la métaphore de toute une vie, de toutes nos vies fragiles d’Occidentaux pris dans la tourmente de ce début de siècle. Une réflexion sur le hasard et le destin, les pouvoirs respectifs de la science et de l’art, la quête d’un sens qui résisterait à la mort.

On Chesil beach/ Sur la plage de Chesil

Ma dernière découverte, grâce au book-club de Mamans à Londres :

David Nicholls, One Day

Je ne l’ai pas fini mais c’est un petit bijou, le genre de livre que j’adore. On peut le comparer à Testament à l’anglaise, en moins cynique peut-être, mais tellement incisif dans ses descriptions de personnage que j’ai envie de tout citer. Tiens, je devrais écrire un billet dessus.

« He hoped to be successful, to make his parents proud and to sleep with more than one woman at the same time but how to make these all compatible ? He wanted to feature in magazine articles, and hoped one day for a retrospective of his work, without having any clear notion of what that work might be. He wanted to live life in the extreme, but without any mess or complications. He wanted to live life in such a way that if a photograph were taken at random, it would be a cool photograph. Things should look right. Fun ; there should be a lot of fun and no more sadness than absolutely necessary »

She reached across his chest for the packet on the floor, lit two cigarettes and passed him one, and he shuffled up onto the pillows, letting the cigarette dangle from his lips like Belmondo or someone in a Fellini film. He had never seen a Belmondo or a Fellini film, but he was familiar with the postcards : stylish, black and white. Dexter didn’t like to think of himself as vain, but there werer definitely times when he wished there was someone on hand to take his photograph.

Côté immigration/nouveaux anglais

Zadie Smith White teeth/Sourires de loup

Cette saga familiale retraçant le parcours de deux amis, l’un anglais, Archibald Jones, l’autre Bangladais, Samad Iqbal, qui vivent à Londres, dans cette société multi-culturelle où leurs familles sont sans cesse tiraillées entre tradition et modernité.

Un extrait de la critique de Chronic’art :

« Caméléon littéraire, Smith passe de la comédie de mœurs au drame psychologique, de la satire sociale à la chronique intime et, à chaque fois, son humour distancié, véritable marque de fabrique, et sa proximité avec ses personnages parviennent à donner de la crédibilité à une histoire parfois improbable. Le portrait de ces deux familles allant des arrière-grands-parents esclaves aux adolescents névrosés de la fin du XXe siècle frappe surtout par l’énergie et la vitalité qui s’en dégagent. Pas de temps mort ni de longues descriptions bucoliques, plutôt de l’action soutenue par des dialogues au vitriol. Car c’est bien la narration qui est à l’honneur ici, dans des détails que le sens de l’absurde et du dérisoire, poussé dans ses derniers retranchements, confine au tragique. Et le grand sujet de l’auteur, au-delà des thèmes évoqués plus haut, est tout simplement l’individu confronté au monde extérieur et aux autres. L’évolution de tous les personnages tout au long du récit montre l’instabilité qui nous domine, mais aussi l’inertie de nos vies, la singularité de l’auteur étant de toujours éviter un apitoiement et une sensiblerie inutiles pour leur préférer la tarte à la crème. Enchevêtrés dans un faisceau de motivations incompatibles, la seule chose que nous puissions atteindre est bien le ridicule.

— Maxime Bérrée »

Monica Ali Brick lane / Sept mers et treize rivières

“Brick Lane”
Le titre original, ‘Brick Lane’ est une rue de Londres où la population bangladaise a pris racine. Cette rue est si célèbre que la ville de Dacca, dont est originaire Monica Ali a rebaptisé en son honneur une de ses avenues, comme l’a fait un restaurant du quartier indien de Manhattan.

Lorsque Nazneen apprend son prochain mariage avec un homme qui vit en Angleterre et qu’elle n’a jamais vu, sa vie bascule. Elevée dans un village du Pakistan et dans le respect des traditions, elle sera désormais l’épouse dévouée d’un mari de vingt ans son aîné, sans charme et sans ambition. Exilée dans ce pays dont elle ne parle même pas la langue, elle se soumettra tout d’abord à ce destin qu’elle n’a pas choisi avant d’entrevoir peu à peu la lumière et, grâce à l’amitié et l’amour, de prendre enfin le contrôle de son existence. Nouvelle voix incontournable de l’Angleterre métissée, Monica Ali raconte, dans ce premier roman où l’humour affleure toujours sous le drame, l’histoire poignante d’un éveil à l’indépendance dans un monde où s’entrechoquent traditions et préjugés.

Et pour finir, un peu de pub pour un roman de Patricia Wentworth écrit en 1934 que j’ai traduit, sorti chez 10/18 en février 2012, Cache-cache avec le diable :

Sarah Trent, engagée pour tenir compagnie à une orpheline – et riche héritière –  de 17 ans, découvre bien vite que ses tâches ne se limitent pas à jouer au tennis et se promener dans le jardin d’un joli manoir anglais. Les accidents se succèdent. Quelqu’un veut tuer la jeune Lucilla. A moins qu’elle ne sombre dans la folie ?

Les jeux les plus anodins se transforment en pièges mortels. Sarah et Lucilla s’engagent alors dans une macabre partie de cache-cache dans le noir…

Et comme on est en Angleterre, un seul impératif : même lorsque l’on a frôlé la mort, il faut rentrer  à l’heure pour le thé !

Atmosphère british (dans le genre désuet) garantie !

Et vous, quels sont vos bouquins british préférés ?

14 réflexions au sujet de « Mes romans british préférés »

  1. J’adore Jonathan Coe !
    Jamais lu Atkinson par contre, faudrait y remédier.
    Et puis j’avais beaucoup aimé Zadie Smith aussi, et Expiation de Ian Mc Ewan.
    Que du très très bon tout ça !

  2. Oui Delphine, il faut lire Kate Atkinson, en particulier Dans les coulisses du musée !
    J’ai aussi beaucoup aimé Expiation, et en ce moment je relis Amsterdam, très brillant aussi. J’ai lu Les Chiens noirs et l’Enfant volé, que j’ai trouvés très bons même s’ils ne font pas partie de mes romans préférés. Bref, j’aime tout Ian McEwan.
    Pour Jonathan Coe, je suis plus partagée parce que j’adore Testament à l’anglaise, la maison du sommeil et La pluie avant qu’elle tombe, mais ses romans consacrés à la musique m’ont moins marquée, peut-être parce que je manquais de certaines références culturelle. Accidental woman et A touch of love sont très drôles aussi, même s’ils sont plus anecdotiques, moins profonds. En fait je crois que j’ai lu tous ses romans même si je ne me souviens plus de Dwarves of death. Tiens, ça me donne envie de lire son nouveau roman.

  3. Je viens de de decouvrir ton blog et suis stupéfaite par tes goûts littéraires et ciné! Le Testament à l’Anglaise tout comme pas mal d’oeuvres Jonathan Coe font partie de mes romans anglais préférés, ever!😉 Tandis que je suis encore et toujours émue par le sublime Just a Kiss dont les sujets font d’ailleurs écho à Bend it like Beckham!!!

    1. Merci de ton passage par ici. ça me fait penser qu’il faudrait que je mette un peu à jour cette page ! Et oui, Jonathan Coe est vraiment un de mes auteurs préférés !

  4. Bonjour
    En cherchant une liste d auteurs contemporains anglais j ai trouvé votre blog
    Si je connais la plupart des auteurs cites et je partage votre enthousiasme au moins pour ceux que je connais , en revanche je suis suprise de ne pas trouver David Lodge, William Boyd ( il vit souvent en France) , Ken Follett ou encore Julian Barnes Ne les aimez vous point?

    1. EN effet cette liste mériterait une mise à jour. J’aime beaucoup David Lodge (j’ai dû lire tous ses romans), tout comme beaucoup d’autres qui ne figurent pas ici. Je n’ai découvert William Boyd que récemment et j’en ai parlé dans un billet d’ailleurs. Julian Barnes me laisse un peu de marbre, j’avoue… Ken Follett bien sûr, j’ai dévoré tous ses bouquins…

  5. Bonjour, je suis nouvelle sur ce forum ! J’adore également la littérature anglaise et je connais beaucoup des livres et auteurs cités… Mais il m’en reste encore beaucoup à découvrir. J’ajoute mon petit grain de sel car je vois deux auteurs absents de la liste et des commentaires et je les trouve incontournables : Rose Treiman (dont j’ai lu presque tous les rormans – mon préféré « retour au pays ») et Mary Wesley. Cette dernière a commencé à écrire à l’âge de 70 ans et elle a écrit quelques petits bijoux dont « La pelouse de camomille » que je vous recommande vivement !

  6. Bonjour. Je suis tombé sur votre blog par hasard en cherchant des infos sur la littérature anglaise contemporaine et je découvre de nouveaux auteurs grâce à vous. Merci. Je suis également une fan de Jonathan Coe et de Kate Atkinson et je recommande vivement leur dernier roman respectif, « Number 11 » et « A god in ruins ». Egalement Nick Hornby, à découvrir absolument : « A long way down », vraiment lisez-le, vous ne le regretterez pas. Bonne lecture à tous.

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