So british. Petite leçon d’anglais

Habituée à l’anglais américain des séries et des romans contemporains, je redécouvre avec délices l’anglais raffiné du Royaume de Sa Majesté.

Voici quelques expressions que j’adore:

Au téléphone, on ne dit pas vulgairement « Hold on » mais « Bear with me a moment ». Un peu obséquieux peut-être mais j’adore…

Ne dites plus « as you want » et autres « if you like » mais « it’s really up to you my darling »  Notez que l’ utilisation compulsive de My dear et « my darling » n’est pas une légende !

Ne dites plus « if you feel like it » mais « if you’re so inclined ». En cours de Pilates, « Now, if you’re so inclined, lift both legs from the floor », ça a de la gueule tout de même ! Votre sueur elle-même en deviendrait plus chic.

Mais, revers de la médaille, cette politesse, à rebours du côté très direct des Américains, n’est parfois qu’un vernis, qu’il faut gratter pour découvrir ce que veut dire votre interlocuteur.

Illustration parfaite envoyée par un lecteur assidu de ce blog, ce petit glossaire d’Anglais britannique à l’usage des autres Européens, qui circule sur le Net mais dont je ne connais pas l’auteur :

Merry Christmas

Joyeux Noël à tous !

Les Anglais raffolent des cartes en toutes occasions et à Noël, ils peuvent s’en donner à coeur joie. Fille Aînée et Fille Cadette ont reçu des dizaines de cartes grâce à un système très sympa de poste interne à l’école. Quant aux cartes qu’elles-mêmes avaient écrit pour leurs copines, elles sont restées bien sagement sur leur bureau à la maison…

Christmas carols

S’il y a bien une tradition anglaise que j’adore, ce sont les Christmas Carols. Ils ont une foule de chants de Noël, religieux, d’inspiration religieuse, profanes, comiques, parodiques, il y en a pour tous les goûts. Depuis le mois de novembre, j’en ai entendu des dizaines différents. Quant aux Carols à proprement parler, ce sont plutôt les chants d’inspiration religieuse.

Petite parenthèse, je suis toujours émerveillée par la qualité de l’enseignement de la musique et du chant en Angleterre, bien plus démocratique qu’en France. La pratique d’un instrument de musique est beaucoup plus commune que « chez nous.

C’est donc à un concert de très bon niveau que l’école nous a conviés hier pour nous mettre dans l’ambiance de Noël (si besoin était…). Je parle de concert mais en réalité c’était à mi-chemin entre spectacle et service religieux, avec des lectures de la Bible et une bénédiction à la fin. Il s’agissait en fait d’un « Carol service ». (Là encore une différence surprenante avec l’école publique française. Ici point de séparation de l’Eglise et de l’Etat puisque la Reine est chef de l’Eglise anglicane).Pendant une heure et demie, les enfants ont alterné chants, hymnes, lectures, mimes et morceaux de musique en restant relativement sages, à part la mienne, qui se démontait le cou pour essayer en vain de m’apercevoir. La pauvre a cru que je n’étais pas venue…

Pour les mécréants, vous avez aussi la version cool, au pub.

Et la version extérieure : A Trafalgar Square les chorales se succèdent sous le sapin, pendant toute la période des fêtes, souvent en faveur d’ONG ou associations caritatives.

Afternoon-tea

L’hiver approche, on commence à penser aux cadeaux de Noël. Et entre deux achats, pourquoi ne pas s’offrir un afternoon-tea dans un grand hôtel de Londres ? J’ai testé hier le Hilton Courthouse Doubletree de Carnaby Street en compagnie de mon estimée collègue et amie, Cindy, de Food for Thoughts. Car bien sûr, un afternoon-tea, c’est un pur moment de détente, une pause luxueuse, une parenthèse raffinée, mais c’est quand même et surtout une occasion de papoter entre copines.

L’hôtel est très bien situé, face à Liberty’s, ce qui m’a permis de découvrir ce magnifique grand magasin (un an que j’habite à Londres, j’entre chez Liberty’s pour la première fois, je crois qu’on ne pourra pas m’accuser d’être une accro du shopping). Le salon de thé en lui-même était un peu banal, on ne se sentait pas vraiment dans un grand hôtel comme par exemple au Kensington Hotel, MAIS les pâtisseries étaient très bonnes, ce qui est rarement le cas.

Bien sûr, on commence par de délicieux sandwiches au concombre et au saumon fumé

Puis on se régale de scones, garnis de clotted cream et de confiture de fraises. Mieux vaut ne pas avoir déjeuné avant et prendre l’afternoon-tea comme un late-lunch, ce qui a aussi l’avantage non négligeable d’amenuiser le sentiment de culpabilité, aussi bien vis-à-vis de la balance que du portefeuille.

Pour conclure, un assortiment de pâtisseries maison, ici gâteau marbré, fraisier, clafoutis et une sorte d’opéra vraiment délicieux. Et je dois dire que le champagne (Piper-Heidsick) se marie fort bien avec tout ça. C’est la première fois que je me régale avec des pâtisseries lors d’un afternoon-tea, mais il faut dire que je ne n’en ai testé que deux autres, le Kensington Hotel (cadre très agréable, cosy et luxueux mais confortable, service super, excellents sandwiches salés) et le Royal Horseguards (service très attentif, cadre luxueux mais plus guindé, scones délicieux). Celui du Hilton n’a rien d’exceptionnel (si ce n’est le prix attractif avec un Groupon… pour la petite histoire, je l’avais acheté pour l’offrir à des invités qui n’ont finalement pas eu le temps d’en profiter. C’est ballot… ) mais sa situation idéale en fait tout de même un « why not? »

En conclusion, même si je n’ai pas encore l’adresse ultime à recommander (quoique j’aie entendu dire beaucoup de bien de Sketch ), l’afternoon-tea est vraiment une expérience incontournable lors d’un séjour à Londres, ou pour une pause entre copines…

 

La pluie et le beau temps

C’est peut-être le cliché le plus éculé au sujet de la vie en Angleterre mais après quatre ans passés sur la Côte d’Azur, comment s’empêcher de remarquer LE TEMPS ?
Il pleut beaucoup, le temps est hyper capricieux et on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve.
C’est tout un mode de vie à apprivoiser. A Antibes, dès qu’il y avait un nuage dans le ciel et le moindre risque de pluie, on avait tendance à annuler toutes les activités prévues.
A Londres, on essaie de profiter à mort du moindre petit rayon de soleil, comme le font les Anglais qui raffolent des pique-niques, concerts en plein air et autres activités à haut risque avec ce climat pour le moins incertain.

La semaine dernière nous assistions à un concert en bord de Tamise lorsqu’il s’est mis à pleuvoir : qu’à cela ne tienne, le chef a dit aux enfants choristes d’enfiler leurs imperméables et ils ont continué comme ça. Quand le soleil est réapparu, hop, petite pause pour enlever les imperméables et ça repart. C’est juste une question d’habitude.

régate sur la Tamise, sous une pluie battante

C’est très drôle aussi d’observer le changement vestimentaire : à moins de quinze degrés, les Cannoises sortent le manteau de fourrure, à plus de 15 degrés, les Anglaises sortent les tongs. Notons tout de même une bizarrerie : les fameuses bottes Ugg (et les imitations encore plus moches) ne semblent pas avoir de saison ici. On les rencontre été comme hiver avec les accoutrement les plus variés, ce qui donne souvent un look inimitable, d’anglaise décomplexée, quoi.

Pour finir, je vais vous livrer le secret des Anglais pour supporter le mauvais temps : en fait, ils sont conditionnés dès le plus jeune âge. Voici la chanson que Fille aînée fredonnait hier en revenant de l’école :

When it‘s a rainy day

(It’s going to happen again)

I’ll make a splash to keep me happy,

When it’s a rainy day

Today, whatever the weather

We can make the most of our time

Today, we’re in it together

So it really doesn’t matter if the sun don’t shine

Et voilà le travail !

Symphonie sur gazon

Quand il fait beau à Londres, les Anglais savent en profiter avec l’élégance décontractée qui les caractérise. Nous avons assisté hier soir au merveilleux concert Symphony at the park dans le jardin de Chiswick House.

Dans le cadre du 80ème anniversaire des légendaires studios de Abbey Road, le Royal Philarmonic Orchestra et le Cround End Chorus nous ont enchantés avec de très beaux morceaux de musiques de films. James Horner, John Barry, John Williams, Jerry Goldsmith, Howard Shore et même un peu de Mozart avec le Dies irae que l’on entend dans le film Amadeus. L’interprétation du thème de Out of Africa fut pour moi un beau moment d’émotion tandis qu’Antoine vibrait aux accords du thème de la Guerre des étoiles. A chacun ses classiques !

Au delà du plaisir de passer un moment agréable dans un beau parc, nous avons adoré le côté très anglais de cette manifestation : chic et détendue à la fois, la bière côtoyant le Pimm’s et le champagne et les paniers à pique-nique en osier avoisinant les chaises de camping, dans une atmosphère bon enfant.

Presque tous assis par terre, jeunes et vieux avaient prévu un bon plaid, et un pique-nique sophistiqué, sans oublier les assiettes en porcelaine of course :

Voilà qui concluait en beauté mon week-end de retour à Londres !

Let’s go to the pub

Adieu les jolies terrasses sous les platanes de mon Sud d’adoption, adieu les brasseries parisiennes en ébullition, ouvertes à tous les vents, guère adaptées ni l’une ni l’autre au climat londonien.

Welcome to the pub, le lieu british par excellence (au moins dans l’imaginaire collectif !)

A Londres, les pubs, si chaleureux ou branchés soient-ils, ne sont qu’une petite partie de la vie sociale. Mais dans les villages, ils sont toujours très importants. Habiter près du pub pour un Anglais, c’est comme pour nous être près d’une bonne boulangerie !

Les plus beaux pubs de Londres sont , chez Great Little Place.

Le pub se doit d’être cosy. Couleurs sombres,  mobilier rustique, et éclairage tamisé créent une ambiance feutrée et confortable. Bois ciré, cuir et tissus tendus sur les murs ne sont pas sans évoquer les clubs de gentlemen anglais des siècles passés.

La plupart des pubs acceptent des enfants dans la journée, mais pas le soir, sauf quand ils sont une salle de restaurant séparée.

On engage facilement la conversation d’une table à l’autre, on regarde tous ensemble les matches sur les grands écrans. On n’est pas là pour observer les passants de la tête aux pieds mais pour passer un bon moment.

Dans ce pays de buveur de bière, pas de demi-mesure. Si vous commandez une bière, on ne vous apporte pas un demi mais forcément une pinte. Pour  les petits joueurs comme moi il y a aussi du cidre à la pression, et si vous ne demandez « half-a-pint », vous êtes sûrs de provoquer un petit sourire indulgent…

Quant à la nourriture de pub, elle se doit d’être consistante. Bien sûr, on peut trouver des pubs spécialisés dans telle ou telle cuisine et les « gastro-pubs »  qui proposent des mets plus raffinés mais globalement,  fish and chips, burgers et bangers and mash (saucisse-purée mais meilleur qu’à la cantine !) sont les incontournables du genre.

La tradition du dimanche midi, c’est le sunday roast, viande, légumes et Yorkshire pudding généreusement arrosés de gravy. Idéal pour faire passer la cuite du samedi soir (autre tradition, sans doute encore plus importante !)

Et si le pub a la chance d’avoir une terrasse ou un jardin, il se nomme le « beer-garden ». Même si le mot vient d’Allemagne, je trouve que l’alliance de ces deux thèmes chers aux Anglais, la bière et les jardins, est un joli condensé de « britishness ».

Positive attitude

Dans le Ici-Londres du mois de mai, le magazine des Français de Londres, vous pouvez découvrir ma prose, illustrée par Lili Bé (dont j’adoooooore le travail) au sujet de l’incroyable propension des Anglais à s’extasier sur tout ce qui les entoure, entre politesse poussée à l’extrême et légère hypocrisie. Car ce sont tout de même de sacrés baratineurs…

Et en prime la couv du magazine avec notre Guillaume Canet national :

Quizz night !

A la demande de Claire générale, je vais vous raconter notre quizz-night.

Déjà, je vous préviens, nous n’avons pas gagné.  Mais nous avons bien rigolé. Dans une atmosphère hyper conviviale, (grâce au vin et à la bière qui coulaient à flot), les questions les plus anecdotiques ou loufoques se sont succédées (Sport : Quelle couleur de vernis à ongle David Beckham portait-il au baptême de la fille de Liz Hurley ???) pour finir en apothéose avec un quizz musical lors duquel quelques Anglaises déchaînées et prêtes à tout pour gagner se sont mises à danser sur les tables.

L’épreuve de travaux pratiques consistait à réaliser en cinq minutes une sculpture ou monument connu avec quelques matériaux de récup pris au hasard et il y a eu des choses franchement pas mal.

Giacometti, l'homme qui marche
Venus de Milo, Angel of the North, Tournesols...

J’avoue que je n’ai pas apporté beaucoup de points à mon équipe. Ah si, j’ai su répondre à une question sur laquelle les Anglais séchaient : « Quel est le vrai nom des Boris bikes »?

A un moment, les bières ont manqué ; panique générale, puis interruption du jeu pour prévenir que ouf, ça y est, le réapprovisionnement avait été fait.

Et bien sûr, au moment où nous sommes sagement rentrés chez nous, déjà un peu éméchés il faut bien le dire, nos coéquipiers, eux, n’avaient qu’une préoccupation : « Bon, dans quel pub on va, maintenant ? »

A Londres, fais du cheesecake

Lundi dernier, j’ai commencé un régime.

Donc fatalement, le week-end venu, j’ai été prise d’une envie irrépressible de faire un cheesecake…

J’ai trouvé cette recette traditionnelle et je me suis lancée, sans savoir trop ce que ça allait donner.

Je me suis donc procuré un moule spécial cheesecake avec bord détachable (« springform »), des biscuits Digestive en remplacement des Graham crackers de la recette, du Philadelphia et autres ingrédients (voir la recette complète ci-dessous).

Déjà, écraser les biscuits Digestive au mortier, ça c’est plutôt rigolo et facile

Ensuite, on mélange la poudre ainsi obtenue avec 30 g de beurre fondu et on l’aplatit bien au fond du moule

Jusque-là, ça va. On se doute que ça ne va pas être léger léger, mais on assume.

Ensuite, ça se corse, je dirais même plus, ça s’anglicise : on mélange le fromage Philadelphia (ou St Morêt, c’est presque pareil) avec du sucre. Dans ma recette : 600g de Philadelphia avec 200 g de sucre mais la prochaine fois je mettrai 400 g de Philadelphia dans un moule plus petit et avec 120 g de sucre.

Là, je vous le dis, camarades, il faut avoir le coeur bien accroché.

Le terme « sucré-salé » prend ici tout son sens.

Ensuite on ajoute le lait, les oeufs tout bien comme le dit la recette en incorporant doucement, puis la farine, la sour cream et la vanille, en mélangenat jusqu’à ce que ce soit lisse et on verse tout ça dans le moule et on fait cuire une heure au bain-marie.

Alors là, attention, gag : ces moules ne sont pas vraiment prévus pour une cuisson au bain-marie et l’eau s’infiltre, menaçant de réduire à néant cette belle montagne de calories. Avouez que ce serait bête. Donc l’enrouler dans plusieurs couches d’alu. Je sais c’est pas écolo mais je n’ai pas trouvé d’autre solution.

Bref, à la fin ça donne ça et soit dit en toute modestie, c’est à se taper le popotin par terre…

Je précise pour qui ne s’en douterait pas au vu des ingrédients que c’est quand même bien nourrissant. Nous avons mis trois jours à le finir à quatre. D’ailleurs au petit-déj après une nuit au réfrigérateur, c’était encore meilleur !

La recette complète : (trouvée sur allrecipes.com, Chantal’s New York cheesecake). Libre à vous de l’agrémenter de divers parfums/coulis, ça c’est la base.

Pour un moule de 9 » (23 cm). 8-12 parts

  • 15 biscuits Digestive, réduits en miettes
  • 30 g beurre fondu
  • 600 g de fromage frais type Philadelphia ou St Morêt (oui c’est énorme, la prochaine fois je ferai la recette avec 400 g de fromage et un moule de 6  »)
  • 200 g de sucre (c’était bon comme ça mais on peut tenter avec un peu moins de sucre pour faire ressortir l’acidité du fromage)
  • 120 ml de lait
  • 3 oeufs
  • 150 ml de sour cream ( ou remplacer par un mélange lait/crème fraîche)
  • 10 ml d’extrait de vanille
  • 20 g de farine
  1. Faire préchauffer le four à 175 °C. Beurrer un moule à bords détachables de 9  » (23 cm). Ne pas oublier les bords, c’est important car à la cuisson le cheesecake va glisser un peu sur les bords et s’ils ne sont pas graissés, il se craquèle.
  2. Ecraser les biscuits Digestive et y ajouter le beurre fondu. Puis étaler le tout au fond du moule.
  3. Dans un grand saladier, mélanger le fromage et le sucre jusqu’à ce que le mélange soit homogène. Ajouter le lait en fouettant puis incorporer les oeufs un à un en remuant juste assez pour les mélanger. Ajouter enfin la sour cream, l’extrait de vanille et la farine en mélangeant, jusqu’à ce que le tout soit lisse. Ne pas trop remuer sinon le cheescake aura tendance à se craqueler. Verser le tout sur le fond préparé.
  4. Faire cuire au bain-marie pendant une heure à 175 °C (attention à bien envelopper le moule d’alu pour éviter les infiltrations d’eau). Eteindre le four et laisser le gâteau refroidir avec la porte fermée pendant 5 à 6 heures. (Très important, c’est ce qui va donner la bonne texture). Puis garder au frais au moins deux heures avant de servir. Il se conserve super bien au moins trois jours.