The Judas Kiss au Duke of York theatre

Un de mes grands plaisirs à Londres, c’est le théâtre. Même si j’y vais trop rarement, j’ai pu applaudir Simon Callow dans ses one-man-shows sur Shakespeare et Dickens, Kevin Spacey dans Richard III, et samedi dernier Rupert Everett et Freddie Fox dans la superbe pièce de David Hare, The Judas Kiss. Créée au Hampstead Theatre à l’automne, elle avait eu tant de succès que  je n’avais pas réussi à avoir de place, mais du coup elle est reprise jusqu’au 6 avril au Duke of York Theatre.

Duke of York

Rupert Everett - Judas Kiss

On découvre Wilde alors qu’il hésite à fuir pour la France à la veille de son emprisonnement pour immoralité (gross indecency), puis deux ans plus tard en exil à Naples. Son ami de toujours, Robbie Ross, joué avec beaucoup de subtilité par Cal MacAninch (John Lang dans Downton Abbey) veut convaincre Oscar de fuir, tandis que Bosie, (aka Lord Alfred Douglas) son jeune amant à la fois charmant et monstrueusement égocentrique, cherche à le  persuader de rester.

Rupert Everett est génial, à la fois brillant et émouvant en Wilde déchu, puis  trahi par celui pour qui il a renoncé à tout.  Le texte de la pièce est un pur régal, sans être toutefois un enchaînement de traits d’esprit. Si Wilde a gardé son ironie mordante, elle confine ici au tragique. La force de David Hare est d’avoir su dépasser les simples faits pour parler non seulement d’Oscar Wilde et de « l’amour qui n’ose pas dire son nom » à cette époque, pour arriver à quelque chose d’universel. J’ai eu envie de pleurer quand Oscar parlait de ses enfants, envie de gifler Bosie qui se plaignait d’être la vraie victime de cette affaire (« Toi au moins tu as été jugé, mais moi je suis condamné sans avoir pu me défendre », disait-il en substance à Wilde brisé par deux ans de prison), envie de réconforter Ross, qui observe, impuissant, son ami se laisser détruire.

La mise en scène est sobre, pas mal de nudité, mais ni bouffonnerie ni vulgarité. C’est touchant, drôle, intelligent et plein d’humanité.  Je recommande chaleureusement si tout n’est pas déjà vendu !

Quelques citations pour le plaisir :

« People who speak quietly are always held to be modest. Why ? It seems to me the height of arrogance not to make the effort to make yourself heard. »

« The everyday world is shrouded. We see it dimly. Only when we love do we see the true person. The truth of a person is only visible through love. Love is not the illusion. Life is. »

« I am trapped in the narrative. The narrative now has a life of its own. It travels inexorably towards my disgrace. Towards my final expulsion. (…) I may wear whatever mask I may choose. Tragic ? Defiant ? Tearful ? Resigned ? I may try all these attitudes. I may bring the so-called « feelings » I like to the role. But they will not have the slightest effect on the outcome. The story has only one possible end. »

 » In prison I had the chance to read the Christ story. Over and over. It seemed to me the greatest story I ever read. But it has one flaw. Christ is betrayed by Judas, who is almost a stranger. I would be artistically truer if he were betrayed by John. Because John is the man he loves most »

Duke of York Theatre - 2ème acte Judas Kiss

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2 réflexions au sujet de « The Judas Kiss au Duke of York theatre »

  1. Rupert Everett doit être génial, je l’imagine bien. Comme j’aimerais voir la pièce ! Je suis ravie de lire que ce moment « théâtre » fut de qualité.

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