Entente cordiale

Bien sûr, en partant vivre à l’étranger, on se dit qu’on ne fréquentera surtout pas les Français. Ah non alors, moi je veux de l’authentique, du bon British qui va au pub en costume trois pièces en sortant du boulot, de l’Anglaise qui met des shorts en plein hiver, un peu de couleur locale, quoi !

Et puis finalement, après avoir lamentablement échoué à me faire des amis anglais (moi qui suis d’habitude assez sociable, j’avoue que là je me heurte à un mur, un mur très poli mais un mur tout de même), après avoir communiqué chaleureusement mais de façon limitée avec d’autres étrangères qui ne parlent pas toujours bien anglais, j’ai fini par réaliser que je n’avais à Londres que des copines françaises. Que ce soit à l’apéro-blog, à l’école ou des copains de copains… que des Français. Tout au plus quelques couples mixtes pour sauver l’honneur, et des Belges, Marocains et Tunisiens, francophones, donc.

Ne croyez pas que je suis restée dans mon coin. Nous avons invité des enfants à la maison, pris le thé avec les parents, polis mais sans plus. Nous avons participé au quiz-night de l’école, super sympa, on fait connaissance, on boit, on rigole ensemble, on se passionne pour le jeu, on a l’impression de s’être fait des amis, et patatras le lendemain matin,  on se prend de nouveau un mur en pleine figure quand on essaie de dire bonjour à nos « nouveaux amis ».

Le boulot n’aide pas énormément. De mon côté je travaille uniquement avec la France (et surtout toute seule d’ailleurs) et Antoine a principalement des Français dans son équipe, ainsi que des Indiens. (Oui, il est dans l’informatique). Il a tout de même un copain écossais avec qui il est allé faire de l’avion quelques fois.

Il y a sûrement aussi de notre faute. Avec un emploi du temps surchargé, beaucoup de week-ends pris par des visites de France, on n’est peut-être pas assez investis dans la vie du quartier ou de l’école. Lors de notre emménagement, notre voisine américaine nous avait apporté des cupcakes pour nous souhaiter la bienvenue et à ma grande honte, je ne les ai jamais invités chez nous. J’ai laissé passer le moment et ensuite c’était trop tard.

Donc voilà, les Anglais ne sont pas faciles d’accès mais nous n’avons sans doute pas fait assez d’efforts.

Malgré tout, je me réjouis d’être invitée demain matin à un café chez une Anglaise ! (On ne tiendra pas compte du fait qu’elle est en couple avec un Français🙂 Et en plus c’est pour une bonne cause :le Macmillan coffee morning, une manifestation destinée à collecter des fonds pour l’association Macmillan Cancer support, qui fournit soins, écoute,  soutien financier etc… aux personnes atteintes d’un cancer et à leur famille. L’année dernière, 10 millions de £ ont été collectés ! Si un coup de foudre amical se produit à cette occasion, je ne manquerai pas de vous le faire savoir !

29 réflexions au sujet de « Entente cordiale »

  1. C’est quoi comme activité précisément « faire l’avion » avec un copain écossais ?!!!!!!
    Sinon, il n’est jamais trop tard pour inviter des gens qu’on a « laissé » passé (comme les dates de péremption). Je me dis que les gens ne se seront jamais choqués par une invitation…Fais donc un petit panier de madeleines pour retourner la petite attention, Bree le fait très bien.
    Allez, on se voit bientôt…à force de recevoir chez toi des amis de France, tu délaisses tes amis français de Londres ! Un comble !
    PS : j’essaie de mon côté une arme de choc pour « pénétrer » la société anglaise : être REP dans la classe de mon fils !!!!!

    1. Oh non je ne crois pas ! Comme je le disais peut-être aussi que de mon côté je n’ai pas fait assez d’efforts. Peut-être que le club d’aviron va m’aider dans mes tentatives d’infiltration comme dit Claire !

  2. Pour nous aussi c’est difficile et c’ est vrai que les gens qu’ont voit le plus sont français. Kiwi-English même combat🙂 Notre souci vient aussi du fait qu’on est que de passage, pourquoi diable se lier avec des gens qui partent dans quelques mois. L’époux est comme toi, il travaille pratiquement seul et son seul vrai collègue est français. Moi je travaille avec des kiwis, mais les gens ont leurs vies, leurs habitudes…
    Les filles ont une vie sociale bien remplie, j’ai d’ailleurs pu croiser pas mal de parents aux fêtes d’anniversaires, mais bon, que faire pour se lier ? demander son numéro de téléphone a une maman après avoir discute 5minutes avec elle, l’inviter pour le the tous les jours, la harceler ? Impossible! On commence à avoir de plus en plus de connaissances, mais on part dans 3mois…. La lose quoi…

    1. Oui je pense comme toi qu’ils n’ont pas envie de se lier avec des gens de passage, ils ont déjà leur réseau. Mais toi qui travailles en N-Z, tu n’as pas sympathisé avec des collègues ?

  3. Sommes nous plus ouvert en France et à Paris en particulier ou chacun vit sa vie sans se préoccuper des autres? Chacun vaque à ses occupations: métro boulot dodo, on y ajoute les enfants avec quelques connaissances à la sortie de l’école et parfois plus d’affinités autour des anniversaires… Mais devient on amis pour autant? Nous avons nos multiples activites nos multiples Vies, nos amis! Et peu de place pour l’inconnu! Depuis que j’ai emménagé dans ce nouveau quartier presque 4ans nous n’avons aucune vraie connaissance, on se dit bonjour on se parle 5mn on a bien tente decdire a nos voisisn il faudra se voir pour l’apero un jour et c’est reste lettre morte par contre ils savent nous dire que lorsque j’arrose je devrais faire attention (par petits mots dansla boite aux lettres lolll) j’ai fait de l’anglais une fois par semaine et après le cours rien aucun échange…cette année j’anime deux cours et l’ambiance me paraît plus chaleureuse nouerons nous des liens? Heureusement que vous avez vos amis français, mais il suffit peut-être d’un petit café pour qu’un déclic amical se produise avec les anglais … Je vous le souhaite! Bonne journée Delphine

    1. Oui Catherine, c’est vrai dans nos busy lives, nous manquons de temps pour faire de nouvelles rencontres. Quand je suis arrive Antibes o je ne connaissais personne, j’ai d’abord sympathis avec des trangres par l’intermdiaire des enfants. Elles taient dans le mme cas que moi, loin de leur famille et de leurs amis. Certaines sont devenues des amies et c’est aussi force de frquenter tous ces expats que nous avons eu envie de bouger aussi. C’est vrai aussi qu’il faut du temps pour tout a ! Je veux dire de la disponibilit mais aussi une certaine dure pour crer des liens. On verra ce que l’avenir nous apporte !

  4. J’ai fait le même constat que toi après près de 6 ans en Angleterre… Mais à ma grande surprise, quand j’ai annoncé que j’allais rentrer en France, plusieurs collègues anglais ont commencé à m’inviter à manger chez eux, chose qui ne s’était jamais produite avant! Alors je te propose de tester cette petite astuce: tu leur dis que tu vas peut-être partir, et tu attends les invitations! ;o)

  5. Echo, écho, écho!!!
    Indeed! Au début on croit que ça vient de soi, puis on se rend contre que non en fait. Après on tente d’expliquer cela par des raisons sociologiques ou culturelles.
    Puis on se résigne: that’s the way it is… so let it be!

    1. Oui, moi j’oscille entre ces trois attitudes en permanence ! En ce moment j’ai envie de faire des efforts, mais je sais bien que même ceux qui sont là depuis longtemps comme toi, ont aussi cette difficulté. Etait-ce pareil dans les autres pays où tu as vécu ou bien une spécificité anglaise ?

  6. Oui, je me souviens d’un article sur le même thème écrit par Fabienne. Certes, les gens se lient difficilement avec des gens qui vont repartir bientôt, mais je pense que le fait qu’il y a beaucoup de français à Londres n’aide pas. Je n’avais quasiment pas d’amis français en Suède. Ici, j’en ai beaucoup, mais j’ai aussi des amis british et d’ailleurs. Je pense qu’il faut s’investir. Cela prend du temps, mais c’est tout à fait faisable. Les colocs, les collègues, le club de sport, le couchsurfing, d’anciens amis de Suède… voilà ou j’ai rencontré mes amis internationaux et british…

  7. Je ne suis arrivée à Londres que depuis août dernier mais je ressens déjà ce que tu décris dans ton message. Perso je bosse dans un environnement 100% British, et c’est vrai que j’ai la sensation d’évoluer dans un univers poli, souvent même lisse, mais teinté d’une sorte de froideur et d’indifférence qui me mettent parfois mal à l’aise, et le fait que personne ne prenne de pause déjeuner n’aide pas à engager la discussion (quant aux pauses café, ne rêvons pas !). Quant aux soirées au pub, tu vois les gens qui se décoincent un peu (merci l’alcool…), tu te sens d’un coup plus intégrée parce que les gens viennent te parler et te poser des questions, mais le lendemain matin c’est la douche froide, tu croyais naivement que l’ambiance serait un peu plus friendly, que nenni c’est à peine si on te dit bonjour et c’est reparti pour une journée sans ouvrir le bec ! Donc pour l’instant j’observe, tout en ne sachant pas trop quelle attitude adopter ! Mais la solitude commençant vraiment à peser, je pense qu’il va falloir bientôt que je rencontre des Français basés à Londres !

  8. English people, even Londoners, complain about the fact that it’s difficult to get to know people and make friends in London. It’s something London is well-known for. When I came back from living abroad I had the same problem. Saying that, when I lived in Amsterdam I found the Dutch initially very distant. I only felt that I started integrating into society there when I joined local sports clubs (rowing and diving). It took a while but after months of training (suffering!!) together, sharing experiences and helping each other all barriers broke down. I also discovered that not making a big thing about being English (i.e. different) helped the process.
    I do think sport (or any other hobby) is a good way of integrating. Because right from the start you have something in common. There are non-English people in my walking club here in London and as far as I can see they’re not treated any differently. In fact took a French friend along one day and she remarked afterwards that she felt that her nationality was of no importance whatsoever.
    I’ve read blogs written by English people who have moved to France and the first thing they say is that it’s difficult to get to know and become accepted by the ‘natives’. Have you read the book ‘Almost French’ by Sarah Turnbull? She’s Australian and is married to a Parisian. She writes of her experiences of living in Paris and making huge (and largely unsuccessful) efforts to integrate into French life. It’s a very well-written book.
    I think that in a big city, especially one as multi-cultural as London, people tend to stick to their own groups. Also I think that if you’re living abroad you need a different kind of friendship, where some people you meet become close friends very quickly as they become almost a substitute family. This expectation would tend not to work as easily with the natives of a country.
    (sorry this is in English! It would have taken me all morning to have written it in French!)

    1. Thanks Sarah for this ! I agree with you, a sports club can be a good way of integrating and that’s what I am trying to do with rowing.
      I am going to translate your message on today’s post UN petit miracle for those of my readers who don’t speak English, because that’s interesting for us to have the opposite point of view.

  9. C’est drôle, j’ai exactement les mêmes difficultés, non pas en Grande-Bretagne, mais au Maroc ! Il est très difficile de lier des amitiés durables. Un jour, on discute avec une maman, le lendemain, c’est tout juste si on se dit bonjour ! Je pense que les gens ont leur vie, tout simplement: leur famille, leurs connaissances de longue date. Ils n’ont pas « besoin » de nous, simples passantes que nous sommes !🙂

  10. Bonsoir,
    Tout à bord, bravo pour le blog. Cela fait un an que je vis seule en Angleterre (North-West London Hendon) pour mes études et je me sens un peu moins seule/à part par rapport à certain ressentis grâce à ce blog (j’aurais du le lire quand je suis arrivée en fait pour me rassurer que je ne suis pas un monstre associal…). Je suis dans une fac Anglaise et je vis avec mon copain anglais et travail dans une chaîne de restaurant (no french). Bref autant dire que je ne parle jamais Français et n’ai pas d’amis français ici. Mais pas d’amis du tout non plus…:(
    Le hic, c’est que je suis une personne super sociable et j’ai jamais eu de problèmes en France pour me faire des amis. Ici ça fait un an et toujours rien…. Ca me rendait triste au début, mais maintenant je m’y suis faite et me focalise plus sur mes études. Comme quoi, même pour les étudiants ce n’est pas toujours facile non plus de se faire des amis….Mais j’adore vivre ici, ça valait vraiment le coup de partir même si biensûr ce n’est pas toujours évident.🙂
    Vraiment bonne continuation pour le blog c’est tellement top, que je suis arrivée en retard au travail ce matin parce que j’ai voulu finir de lire un article en mettant mes chaussures.😉

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