Samedi d’enfer à Ikea

Pendant les quatre ans et demi que nous avons passés à Antibes, nous avons vécu -douloureusement- sans Ikea. Le plus proche était à Toulon, à plus de cent kilomètres et notre amour des meubles suédois n’allait pas jusqu’à se taper trois heures de voiture. Bref, le manque aidant, nous nous sommes mis à idéaliser l’enseigne jaune et bleu, et comme chacun sait, l’idéalisation mène souvent à la plus cruelle des désillusions…

Samedi matin, sept heures, le réveil sonne. Nous sommes des gens sérieux et organisés, nous, ha ha, pas question de se retrouver à onze heures avec la foule, non mais !

Antoine part promptement louer une camionnette tandis que je prépare les filles et hop, nous voilà prêts à partir. Il y a trois places à l’avant donc je me dévoue pour monter derrière. Pas de siège, pas grave, ah, pas de lumière non plus. Là ça devient glauque. Je suis ballottée deci-delà, sans comprendre où on est, ça fait très kidnapping… J’essaie de faire comme les héros des films qui saucissonnés dans le coffre d’une voiture, les yeux bandés, voire après s’être pris un gros pain dans la figure, parviennent tout de même à repérer les indices cruciaux qui permettront de confondre les méchants, eh bien je peux vous dire que c’est pas de la tarte !

Une fois fièrement garés tout près de la sortie en prévision de la fin, ha ha, nous sommes des gens organisés nous, Antoine réalise qu’il a oublié son portefeuille et que nous n’avons pas de quoi payer. Oups.

Qu’à cela ne tienne, je case les enfants chez Smaland, on me confie même un bipeur, ce que je trouve très ingénieux, et je commence la mission Ikea. Une bonne heure plus tard, alors que je viens à peine de retrouver Antoine et de commencer à regarder le premier des mille petits accessoires à caser dans la gigantesque armoire PAX que nous allons acheter, transporter, assembler, etc…, l’énorme bipeur se met à sonner et à vibrer de façon impérieuse. Affolée, je plante tout et je me précipite en bas. J’ai quand même la petite satisfaction de pouvoir lancer, avec une savante combinaison d’essoufflement et de sang-froid : « You paged me ? » Je ne peux pas m’empêcher de me marrer intérieurement en m’identifiant à Meredith Grey ou Greg House…

– Oui, vous avez une demi-heure de retard.

Aargh la garderie d’Ikea ne prend les enfants que pour une heure. Oups.

Je vous passe les galères à trois énormes chariots dans l’entrepôt avec des meubles de 2m36 de long, le grand moment de solitude à la caisse quand après quatre heures de courses on nous annonce qu’Ikea ne prend plus les chèques depuis 2008. Oups. Nous n’avons plus un rond sur notre compte anglais, qui ne sera réapprovisionné que quarante-huit heures plus tard. Après avoir insisté auprès de la caissière, je parle avec la « supervisor » qui m’annonce froidement que nous n’avons plus qu’à tout abandonner là. On doit en avoir pour plus de 200 kilos. Alors là j’ai carrément failli pleurer. Il est hors de question que je me retape tout ça un autre jour. Bon, finalement, en partageant la note entre nos cartes françaises, ça passe.

Et en arrivant à la maison, après avoir passé encore deux heures à charger dans la camionnette, (je ne parle même pas de l’énorme meuble de 2m36 sur 2m à transporter et à monter,) surprise surprise en ouvrant le paquet du joli meuble BLANC prévu pour la chambre des filles, nous découvrons qu’il est NOIR !

Là, franchement, on a beau être motivé, on se dit que c’est très bien finalement cet énorme meuble noir dans la chambre décorée tout en blanc, que ce n’est pas si grave, c’est juste pour quelques années, et qu’après tout, il est l’heure d’aller rejoindre Fabienne pour manger des cupcakes chez Betty Blythe !

4 réflexions au sujet de « Samedi d’enfer à Ikea »

  1. T’aurais pas dû te lever ce jour là !!! (rires)
    « Un suédois chez les anglais », ça aurait pu faire un bon titre de film, non ?! (it’s a joke !)
    Maintenant, à vous les joies du montage en kit !! Courage ;D

  2. Excellent, et parfaitement rédigé. Très amusant à lire, sans doute très pénible à vivre ! Tu as un vrai talent de chroniqueuse. Tu devrais écrire des sketches. Dans les années 80, quand j’allais à/chez IKEA en semaine, c’était super calme, j’y allais par plaisir, la plupart du temps sans avoir rien à y acheter, mais j’en sortais souvent avec une note de 300 francs de petits objets, bougies, serviettes de table, oreillers, et autres prises multiples ou décoration de Noël. Aujourd’hui les parkings d’IKEA sont toujours bondés, il y a du monde tout le temps, le matin, l’après-midi, c’est l’enfer. C’est même devenu la promenade familiale du dimanche, des familles entières se promènent au ralenti dans les rayons avec landeaux et poussettes. L’enfer !

    1. Merci Bruno, tu me fais rougir !
      C’est vrai que contrairement aux autres articles que j’écris un peu vite au fil de la plume, celui-là j’ai eu le temps d’y penser… à l’arrière de mon camion !

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